Au regard de ces expériences, comment te positionnerais-tu par rapport à ces projets internationaux en tant qu’outil d’éducation au développement ?
Je pense que oui effectivement, ce sont des démarches intéressantes pour atteindre ce type d’objectifs. Pour moi, ça l’était parce que j’étais déjà sensibilisée avant. Ce qui est dommage à mes yeux c’est que, par la force des choses, cela s’adresse principalement à un public déjà sensibilisé un minimum et issu d’un milieu qui permet ce genre de questionnement. Je sais que Quinoa travaille avec des associations œuvrant à l’égard de publics moins favorisés ici en Belgique et finalement je trouve que l’expérience du projet international est d’autant plus intéressante avec ce type de public. J’ai pu vivre une telle expérience lors d’un autre chantier et l’intensité des rencontres est toute autre, le bouleversement provoqué par et chez ces jeunes est magnifique et c’est finalement avec ce type de groupe que l’expérience me semblait plus enrichissante ! Malheureusement, Quinoa faut savoir se le payer !Et je me demande toujours dans quelle mesure cela sensibilise les gens réellement, c-à-d sur le long terme ! Certains prennent ces projets comme des vacances, d’autres pas.. Cela dépend aussi fortement de la personnalité des responsables du groupe !
Avec le recul, en quoi cette expérience a pu influencer (ou non) ton propre trajet de vie ?
Pour moi, cette expérience n’a fait que confirmer les orientations qui étaient déjà les miennes en amont : le voyage d’abord, l’Amérique latine ensuite... D’ailleurs, après le projet Quinoa, je suis longtemps restée déconnectée de la réalité belge, ce que je regrette un peu. Je rêvais de pouvoir repartir et j’avais besoin de vivre ce rêve jusqu’au bout ! Sur place, j’ai réalisé, après quelques mois, que je tenais à ce pays mais que mon objectif de vie n’était pas de m’y installer définitivement. J’ai pris la décision de revenir en Europe et de m’impliquer ici, c’est-à-dire travailler pour des associations qui œuvrent au nord pour le Nord. Je ne rêvais pas de travailler dans une ONG qui envoie ses coopérants dans le Sud. J’ai choisi de m’investir ici dans l’écologie, plus particulièrement la permaculture.
Penses-tu que Quinoa encourage un engagement plus à l’étranger ?
Dans le discours premier, l’intention est claire : s’engager ici mais dans les faits il est vrai que c’est plus mitigé. A part le week-end post-chantier, l’association ne propose pas énormément d’attaches claires qui permettent à ses participants de s’engager ici en Belgique. Il n’existe pas nécessairement un encadrement spécifique à l’engagement ici sur place ! Ce serait chouette de créer des groupes d’actions locales ! C’est dommage que l’on ne soit pas plus mobilisés pour l’Ici, il n’existe pas vraiment de dynamique d’action au retour.