Aline, participante au projet Guatemala 2000, responsable du projet Cuba 2003 et responsable du projet Guatemala 2004

Comment es-tu arrivée à Quinoa ?

"J’ai toujours rêvé de voyages et plus particulièrement en Amérique Latine. Le projet proposé par Quinoa m’a plu tout d’abord parce que je ne me sentais pas prête à partir seule. Ensuite, l’aspect engagé du projet sur le terrain m’a vraiment intéressée : il s’agissait d’aller à la rencontre de familles déplacées et sans terre du fait des tensions locales. J’ai donc commencé le cycle de formations !

Comment as-tu vécu ces formations ?

Je crois qu’à la base j’étais déjà pas mal sensibilisée mais cela m’a semblé super intéressant. Tout comme la récolte de fond, la dynamique était chouette et je me suis tout de suite fort impliquée. (...)

Et une fois sur place ?

Le tout premier projet m’a marqué énormément. A partir de là, je ne désirais plus qu’une seule chose : c’était repartir pour le Guatemala ! J’ai d’ailleurs rapidement trouvé les moyens de le faire grâce à une bourse du Service Civil Européen. Ce qui est formidable c’est qu’alors que la première fois j’osais à peine me lancer toute seule, après le projet Quinoa, cette crainte s’était envolée, j’étais beaucoup plus sûre de moi !
C’est ainsi que je suis repartie 9 mois et que j’ai découvert une autre réalité que celle rencontrée pendant mon mois de projet avec Quinoa. Il faut bien admettre que la toute première expérience d’un mois est courte et assez fantasmée même si le projet nous plongeait par la force des choses dans la réalité. C’est d’ailleurs à mes yeux un point très positif de ce projet particulier : nous étions au cœur du sujet ! Pour avoir eu la chance de découvrir le projet cubain, je sais que tous les projets ne se ressemblent pas ! J’ai toujours un regard assez critique sur ce projet en particulier mais je pense que ma position d’observateur extérieure m’a permis de voir et de comprendre des choses qu’on ne peut comprendre lorsqu’on est au cœur de l’action ! Le plus important à mes yeux est de ne pas occulter une partie de la réalité aux participants sur place. Nous ne venons pas pour revenir avec une image encore plus stéréotypée qu’à l’aller !

Au regard de ces expériences, comment te positionnerais tu par rapport à ces projets internationaux en tant qu’outil d’éducation au développement ?

Je pense que oui effectivement, ce sont des démarches intéressantes pour atteindre ce type d’objectifs. Pour moi, ça l’était parce que j’étais déjà sensibilisée avant. Ce qui est dommage à mes yeux c’est que par la force des choses cela s’adresse principalement à un public déjà sensibilisé un minimum et issu d’un milieu qui permette ce genre de questionnement. Je sais que Quinoa travaille avec des associations oeuvrant à l’égard de public moins favorisés ici en Belgique et finalement je trouve que l’expérience du projet international est d’autant plus intéressante avec ce type de public. J’ai pu vivre une telle expérience lors d’un autre chantier et l’intensité des rencontres est toute autre, le bouleversement provoqué par et chez ces jeunes est magnifique et c’est finalement avec ce type de groupe que l’expérience me semblait plus enrichissante ! Malheureusement, Quinoa faut savoir se le payer !Et je me demande toujours dans quelle mesure cela sensibilise les gens réellement, c-à-d sur le long terme ! Certains prennent ces projets comme des vacances, d’autres pas.. Cela dépend aussi fortement de la personnalité des responsables du groupe !

Avec le recul, en quoi cette expérience à pu influencer (ou non) ton propre trajet de vie ?

Pour moi, cette expérience n’a fait que confirmer les orientations premières qui étaient déjà les miennes : le voyage d’abord, l’Amérique latine ensuite... D’ailleurs, après le projet Quinoa, je suis longtemps restée déconnectée de la réalité belge, ce que je regrette un peu. Je rêvais de pouvoir repartir et j’avais besoin de vivre ce rêve jusqu’au bout ! Sur place, j’ai réalisé après quelques mois que je tenais à ce pays mais que mon objectif de vie n’était pas de m’y installer définitivement. J’ai pris la décision de revenir en Europe et de m’impliquer ici c’est-à-dire travailler pour des associations qui œuvrent au nord pour le Nord. Je ne rêvais pas de travailler dans une ONG qui envoie ses coopérants dans le Sud. J’ai choisi de m’investir ici dans l’écologie, plus particulièrement la permaculture.

Penses-tu que Quinoa encourage un engagement plus à l’étranger ?
Dans le discours premier, l’intention est claire : s’engager ici mais dans les faits il est vrai que c’est plus mitigé. A part le week-end post, l’association , ne propose pas énormément d’attaches claires qui permettent à ses participants de s’engager ici en Belgique. Il n’existe pas nécessairement un encadrement spécifique à l’engagement ici sur place ! Ce serait chouette de créer des groupes d’actions locales ! C’est dommage que l’on ne soit pas plus mobilisés pour l’Ici, il n’existe pas vraiment de dynamique d’action au retour.