Géraldine Harckmann, participante au projet Népal 1998

Comment es-tu arrivée chez Quinoa ?
Je suis arrivée chez Quinoa par le biais d’une amie. Le Népal s’est présenté à moi assez logiquement, j’étais déjà très intéressée par l’Asie.

Peux-tu revenir sur le processus ?

Lors du premier w-e de formation j’ai appris énormément grâce aux outils employés (les jeux,etc.). Ce sur quoi j’ai le plus avancé c’est par rapport à ma connaissance des enjeux globaux au niveau mondial.

Et le week-end à la ferme ?

Super intéressant : l’apprentissage d’un mode de vie, le travail avec la terre... Intéressant ! Par contre, je trouve qu’on est fort focalisé sur le fait que le groupe doit fonctionner, du coup, dès le moindre problème, c’était très vite dit. Or, de mon côté, je préférais d’abord vivre l’expérience de manière plus individuelle. Je n’ai pas forcément voulu une connexion rapide avec les autres : j’étais entourée de filles qui venaient toutes de la même école et du même milieu, ainsi que d’un couple âgé. J’ai donc vécu l’expérience de manière plus individuelle et je n’ai pas observé de réel changement par rapport au groupe.

Comment s’est passé le projet dans le Sud ?

Arrivés sur place, le "trop d’accueil" nous a donné un statut spécial, il était impossible de passer inaperçus et c’était quelque chose qui ne me plaisait pas : il n’y avait pas de vraies rencontres possibles.

Qu’avez-vous fait concrètement ?

Sur place nous devions bâtir un local dans un bidonville avec les femmes de l’endroit et les profs d’une école. La construction nous a fait bosser beaucoup, parfois très peu : c’était surtout un moyen de rencontrer des gens, être active dans un endroit était primordial à mes yeux, c’est important de voyager de cette manière-là et je me suis demandée dans quelle mesure cela n’aurait pas été sympa d’être formés de manière plus techniques pour ce faire. En effet, je me suis sentie démunie car il n’y avait pas vraiment de partage de compétences. Comme prétexte à la rencontre, c’est un bon moyen , mais je me pose la question : qu’avons nous apporter concrètement ?

Et te souviens-tu de l’ambiance qu’il y avait dans le groupe ?

(...)Il y a certainement quelque chose à gagner dans l’idée de groupe, c’est un apprentissage important. D’un autre côté, le rapport au groupe est à équilibrer. Quinoa ne nous a pas tout prémaché et c’est important : il faut être autonome dans ce genre de projet.

Parle-nous de ton retour...

Il y a vraiment eu un éveil par rapport à la manière dont je consommais. J’ai eu l’impression de recevoir des infos concrètes et de pouvoir poser des actes.

Le projet international comme outil d’éducation au développement ?

A mes yeux les infos relatives à la dimension internationale ne sont pas vraiment ce qui informe sur les autres réalités. Par contre, par rapport à la dimension culturelle, le fait de vivre dans un endroit où tout est à remettre en question... C’est un réel apprentissage. Cela ouvre l’esprit sur une réalité plus « philosophique » de ce qu’est la vie et le rapport à la mort : toutes ces réalités-là diffèrent ! Mon désir c’est de me retrouver dans ce type de situation où je dois tout réapprendre et m’obliger à un retour sur moi, un retour au monde.

Et Quinoa, après tout ce temps ?

J’ai trouvé Quinoa chouette, mais financièrement difficile d’accès. J’aurais eu besoin de plus de place et permettre plus de créativité de la part des participants. Le fait d’être engagé dans ce truc qui me dépasse me fait dire qu’on peut aussi être sensibilisé sur ce qui se passe tout près. Ça éveille à la société de mondialisation qui est quotidienne. Par contre, je trouve que cela ne favorise pas forcément un engagement pour tout le monde : ça ne transforme pas tout le monde de l’intérieur : pour certains, l’immersion reste une bravade !!