Comment es-tu arrivé chez Quinoa ?
Une de mes meilleures amies est partie avec Quinoa au Bénin, elle m’en a dit beaucoup de bien. J’avais également envie de découvrir autre chose. Je travaille dans le social en Belgique, j’avais envie de voir un autre aspect du social ailleurs. Voir ce qui se passe ailleurs, malheureusement, aller voir une autre « misère » que celle que je côtoie tous les jours en Belgique dans mon travail comme éducateur, au sein d’une institution à Molenbeek.
Pourquoi partir au Guatemala ?
Je ne savais vers où me diriger dans un premier temps, j’étais fort hésitant entre l’Afrique et l’Amérique latine. Je n’avais pas beaucoup de notion d’espagnol, mais j’ai pourtant choisi de partir au Guatemala, au sein du projet d’appui à la construction d’un poulailler dans la finca « la Cumbre » à Patulul.
Comment as-tu vécu les formations, que t’ont-elles apporté ?
Nous n’étions pas avec tout le monde, comme j’ai pris le processus en cours, nous avons suivi une formation avec cinq, six personnes. Les débats étaient très intéressants, et les formateurs ouverts à une autre vision des choses. Cela m’a beaucoup appris sur les fonctionnements Nord Sud en théorie lors de ces formations, ensuite la “mise en pratique” au Guatemala. Toute cette expérience m’a fait bien plus ouvrir les yeux, et me fait encore aujourd’hui réfléchir.
Ces formations avaient un côté ludique et convivial, elles étaient aussi empreintes d’une très grande ouverture.
La formation du retour est, à mon sens, très importante. Elle permet, au-delà de tout le chamboulement qu’on peut avoir, de débattre, de discuter avec tout le monde de ce qu’on a vécu. Nous ne sommes pas abandonnés avec notre expérience, c’est vraiment la continuité et un peu la finalité du projet. On n’était pas là pour recevoir des félicitations mais vraiment pour faire un échange, on nous demande notre avis, c’est très important... Quinoa ce n’est pas de la bonne conscience, c’est une remise en question permanente...
Sur place comment as-tu vécu les choses ?
Nos rencontres ont été fortes, mais on ne s’habitue pas en un mois à la vie là-bas, on reste tout de même des « extraterrestres » qui débarquent. Au début, nous consommions beaucoup de viande, on allait souvent boire un verre... on s’est rendu compte qu’on faisait un peu goûter au luxe, alors que pour la population, manger de la viande une fois par semaine et aller boire des bières de temps en temps, c’est suffisant. Nous avons donc fait bien plus attention dans les deux dernières semaines à notre façon de consommer et à notre comportement. Nous avons eu une réelle prise de conscience, ou une conscience plus forte...
Comment s’est passé ton retour ?
Mon retour c’est un questionnement permanent. Je fais plus attention à ce que je consomme, je regarde la provenance des produits. Tout cela car j’ai vu qu’on pouvait vivre avec rien. Je relativise un peu plus les problèmes que les gens ont ici, même si, pour eux, c’est un réel problème. Nos préoccupations sont parfois un peu dérisoires.
Nous devions passer par un bidonville pour aller à la Finca, là, on voit ce que c’est vraiment la pauvreté...C’est un cliché mais ça m’a retourné !
J’ai vu autre chose entre le social d’ici et le social là-bas. Même si je ne me suis pas senti totalement utile pendant un mois là-bas. J’ai été pour aider, nous avons construit des choses mais quelqu’un sur place aurait pu le faire... Pourtant, en rentrant, j’en ai fait la promotion. C’était une expérience très forte.
Face à cette expérience, comment te positionnerais-tu par rapport à ces projets internationaux en tant qu’outil au développement ?
Dès le départ, nous parlions de tout cela, de tout ce qu’englobe une telle démarche. Grâce à notre récolte de fonds, nous avons pu un peu “pallier” à notre empreinte écologique. Nous avons toujours parlé des conséquences de notre démarche. J’ai pris beaucoup de claques morales, quand tu reviens, tu fais plus attention, tu gaspilles moins. J’y étais déjà sensible mais c’était plus flagrant, disons que je me suis encore plus rendu compte des difficultés dans le monde... Je ne suis pas revenu avec un sentiment de bonheur, avec un air béat... mais je pense que ça m’a été utile de partir.
Penses-tu que Quinoa encourage un engagement à l’étranger ?
Cette expérience m’a donné envie de m’investir dans un autre social que celui de Belgique, dans lequel je suis déjà inscrit. J’aimerais partir pour m’investir ou alors sensibiliser en Belgique...