"Passerelles"

Du De la revue "Qui-Que-Quoi" éditée par Quinoa en mars 2004

S’il était un mot, une image pour symboliser l’année qui s’achève, « Passerelle » serait sans doute un des plus évocateurs. La passerelle relie, donne accès. Elle rejoint la métaphore du tiers passeur que nous appliquons à notre démarche. La passerelle tendue vers le Sud a permis à nos partenaires boliviens et cubains de venir nous rencontrer dans notre réalité. Une passerelle « gigogne » sous le signe de la création artistique.

Une des tables de discussion proposée dans le cadre du Festival de Théâtre Action (auquel a participé la troupe du Teatro de los Elementos) débattait des liens qu’entretiennent espace politique et espace culturel. L’espace culturel, par sa créativité et la diversité de ses modes d’expression, peut utilement nourrir et revitaliser le lien politique - entendu dans le sens « gestion commune de la cité ». Comme l’illustre le volet malien du festival Africalia, la culture reste un précieux outil de rapprochement, de dialogue et de solidarité entre les peuples. En offrant une fenêtre sur les réalités de l’Autre, elle peut aider à conjurer les égoïsmes et replis communautaires. C’est enfin un lieu de propositions servant de contrepoids au modèle dominant qui prône l’appât du gain, là où pourrait s’épanouir l’appât du don*. Par les actions de proximité, dans lesquelles les jeunes et les moins jeunes se reconnaissent et se sentent reconnus, se joue la cohésion de notre société. Construisons des passerelles entre nos utopies !

L’équipe de Quinoa.

* Dans le sens proposé par Jacques Godbout : le don n’est pas un objet ou une libéralité mais un lien social tissé lorsqu’on donne pour que l’autre donne. Nous contractons ainsi une « dette positive » mutuelle.