Un premier pas vers la paix en Colombie

paz Colombia Le 23juin dernier, gouvernement colombien et la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) ont signé à La Havane, en présence de Ban-Kim-Moon et des chefs d’État de Cuba, du Chili et du Venezuela, un cessez-le-feu bilatéral et définitif. Après plus d’un demi siècle de conflit,  qui compte 220 000 morts et 6 millions de déplacés, le gouvernement colombien et les Farc ont franchi la dernière étape qui doit les mener très prochainement à la finalisation de l’accord de paix en négociation depuis 2012.

 

juan manuel Santos

Photo prise à la Havane, le 23 septembre 2015. A gauche, le président de la Colombie, Juan Manuel Santos, au centre, Raul Castro et à droite le leader e chef de la guérilla des FARC, Timoleon Jimenez.

 

C’est un tournant historique qui représente pour le pays l’opportunité de pour pouvoir changer radicalement la vie des Colombiens. La fin du conflit armé serait non seulement un soulagement pour la population civile mais également la possibilité de résoudre, entre autres via l’accord sur la réforme agraire, le problème fondamental de la répartition des terres agricoles, principale cause des inégalités abyssales dans le pays. Aujourd’hui, 52 % des terres appartiennent à 1,5 % de la population et 6 à 7 millions d’Ha ont été spoliés durant le conflit, soit 15 % de la surface agricole du pays. Plus de 6 millions de paysans ont dû fuir la guerre et abandonner leurs terres. La plupart de celles-ci se sont retrouvées dans les mains de multinationales produisant des bio-carburants ou du bois précieux.

Si ces accords sont indéniablement porteurs d’un immense espoir, l’ensemble de la gauche colombienne exige qu’ils s’accompagnent de sérieuses garanties pour son mouvement social. Une partie de la droite (liée à l’ancien président Alvaro Uribe) est en effet farouchement opposée à cet accord de paix avec les Farc. Certains de ces politiciens sont liés aux groupes paramilitaires d’extrême-droite qui sèment la terreur en assassinant des syndicalistes, leaders paysans et environnementaux. Et ces crimes odieux, qui sapent les mobilisations populaires, ont repris de plus belle au fur et à mesure que les négociations de paix se dirigeaient vers une issue favorable.

La fin de la guerre est un acquis précieux. Mais la construction d’une « paix avec la justice sociale », telle que la réclame à cœurs et à cris le peuple colombien, ne fait que commencer. Les mouvements sociaux colombiens veulent que les causes qui sont à l’origine du conflit entre les Farc et le gouvernement soient effectivement éradiquées. Et ils vont se mobiliser pour qu’il en soit ainsi.

Soucre : http://www.intal.be/fr/article/colombie%C2%A0-fin-de-la-guerre-et-debut-de-la-paix

Lisez aussi « Le gouvernement et les FARC négocient la paix en Colombie«  de A. Crespin.

 et Le Monde International

 

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