ACTU PARTENAIRES – BENIN

1e JOURNÉE MONDIALE DE MARCHE CONTRE LES MULTINATIONALES

article de Patrice Sagbo – partenaire de Quinoa au Bénin dans le cadre du projet Jinukun

Alors qu’ils sont développés dans des laboratoires depuis 1980, les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) continuent de susciter débats et dégâts dans la société.

???????????????????????????????Consciente que la souveraineté et la sécurité alimentaires passent par une gestion durable des ressources génétiques, convaincue que les ressources génétiques constituent un patrimoine commun à défendre à tout prix contre la privatisation du vivant et les multinationales qui en sont à l’origine, la COPAGEN ( Coalition pour la Protection du Patrimoine Génétique Africain), telle une visionnaire, a pour la première fois en Afrique en 2008, dans le cadre de son programme de plaidoyer, organisé une caravane ayant sillonné tout le Burkina Faso du nord au sud, de l’est à l’ouest et qui a pris fin par une marche pacifique contre les OGM et leurs promoteurs, marche ayant mobilisé non seulement les citoyens du Burkina Faso, mais aussi ceux des huit pays de l’UEOMOA et de la Guinée Conakry puis des alliés et sympathisants d’ici et d’ailleurs.

Et, qui l’eut cru ! Sept ans plus tard, la Communauté Internationale prend le relais en décrétant le 23 Mai, Journée Mondiale de lutte contre les Multinationales des OGM et des Pesticides, Monsanto notamment.

A cette première édition, sur l’initiative du Collectif Citoyen pour l’Agro écologie, des citoyennes et citoyens du Bénin ( JINUKUN, la Coalition Veille OGM ), du Togo, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, de la Guinée Conakry et du Mali, dans un élan de solidarité , se sont joints à leurs frères & sœurs du Burkina Faso, la cause étant commune : débarrasser l’agriculture et la biodiversité africaines des OGM et des pesticides. Le Burkina Faso parce que c’était le seul pays de l’Afrique de l’Ouest à se lancer dans le plus grand secret depuis 2001 dans la production du coton transgénique.

La marche est précédée d’une journée de témoignages de paysans Burkinabé déçus par la culture forcée du coton transgénique publiquement reconnue en 2014 par les autorités et chercheurs du Burkina Faso, de même que le directeur de Monsanto au Burkina Faso.

De la Place de la Révolution à la Place des Nations Unies, sous l’encadrement des forces de l’ordre, près de deux mille hommes et femmes d’organisations paysannes et de la société civile, des artistes ont battu le macadam sur un itinéraire fermé de près de sept (7) kilomètres et ont remis leur mémorandum signé par plus de 50 organisations à M. Lompo, Ministre de l’Agriculture du Burkina Faso. Les tee-shirts de couleurs rouge et noire portés pour la circonstance, les chants et slogans traduisent l’expression d’une révolution des Africains contre Monsanto et l’annonce de son deuil programmé en Afrique de l’Ouest.

Plusieurs banderoles exhibées par ce déferlement humain ont véhiculé divers messages qui dénoncent et décrient les coups de force à répétition de Monsanto pour imposer les OGM et prendre   en otage les systèmes agricole et alimentaire de l’Afrique et du reste du monde. En voici quelques-uns : « OGM, une solution à problèmes. Soyons vigilants ! » ; « Dégage Monsanto ! » ; « Nos semences, nos savoirs : Monsanto ne passera pas par nous » ;stop « Non aux OGM dans nos champs et dans nos assiettes » ; « Ma santé oui, Monsanto non ! » ; « Monsanto est pire que Ebola » ; « Les OGM, la grippe aviaire de nos semences !!! » ; « Oui à une agriculture indépendante »…..

Tout a été prévu par les organisateurs pour la réussite de cette activité consciente et citoyenne : forces de l’ordre pour la sécurité, croix rouge pour la santé, de l’eau pour désaltérer les marcheurs, grande mobilisation de la presse nationale et internationale pour couvrir et relayer l’évènement à travers le monde…

Les participant-es ont eu droit à plusieurs déclarations de la part du représentant des paysans, des organisateurs de la marche et d’artistes engagés.

Adopter les OGM, c’est signer la fin de l’agriculture paysanne souveraine, respectueuse de la diversité biologique et des droits humains.

Et si on allait au-delà de la marche ! Aux dires des manifestant-es, plus rien ne sera comme avant.

Action, résistance et vigilance donc !