Ail des ours, sèves de bouleau, orties… La cueillette est de sortie !

Pour enfin en finir avec l’hiver et débuter  le printemps en douceur -même si la météo n’est pas spécialement de notre côté sur ce coup-, parlons un peu des différents produits intéressants à récolter chez nous pour faire le plein de vitamines et commencer l’été en top santé !Au menu de cet article : une présentation de 3 ingrédients naturels bourrés de bienfaits accompagnés de recettes déjà testées, les moyens de se les procurer et, pour finir en beauté, des idées de graines diverses pour votre potager.

Ail des ours, orties et sèves de bouleau, je dis « Let’s Go » !

Pourquoi on vous en parle ? 

Parce que c’est délicieux et bon pour la santé

Parce que c’est local et bio

Parce que c’est chouette de changer du supermarché

Parce que c’est facile et gratuit

L’ail des ours, à découvrir

Les ours ont fini aild’hiberner ? Tiens, nous aussi … Et cette année, la cueillette est lancée !

Alors qu’en Finlande, les baies et champignons en tous genres sont des produits quotidiennement cueillis, en Belgique, l’ail des ours est l’aliment branché de l’année ! Bon, c’est une initiative qui existe depuis longtemps, soyons franc-che, mais qui prend de l’ampleur en ce moment…

Bienfaits : riche en vitamine C, réduit le cholestérol et la pression artérielle, antioxydant, antifongique et antibactérien.

Quand ? Au printemps, entre Avril et Juin. La cueillette se finit à la fin de la floraison.

Où ? Dans la forêt, milieu humide et boisé, et plus précisément près des cours d’eau. Ouvrez bien vos sens, l’ail des ours est une fleur blanche qui se voit et surtout sent fort !

Comment ? Attention à ne pas confondre avec la fleur de muguet ou le colchique d’automne. Prenez une feuille et sentez là, l’ail devrait envahir vos narines. Il est préférable de cueillir feuille par feuille pour éviter de récolter une autre espèce toxique.

Si vous n’avez simplement pas le courage d’aller en forêt, vous pouvez en trouver dans les magasins bio, les marchés bien sûr, mais c’est toujours plus gai d’en récolter soi-même.

Nous vous proposons ici, tout frais et spécialement pour vous, amis-es de la forêt et de la cuisine locale, bio, éco voir bobo, une petite recette de pesto toute simple mais délicieuse… à vos fourneaux !

Recette de Pesto pour 4 personnes ou plus

 150 gr de feuilles vertes d’ail des ours (sans les fleurs) ; 50 gr de parmesan ; 50gr d’amandes en poudre ou de pignons de pin ; 100ml d’huile d’olive ; De la fleur de sel et du poivre ; Mixez d’abord l’ail des ours avec l’huile d’olive puis rajoutez le reste et mélangez simplement, et surtout dégustez !

Les orties ? Ça pique !

Outre le fait que les orties font mal, elles sont une source incontournable de bienfaits à déguster.

Bienfaits : riche en vortieitamine C et provitamine A, antioxydant et oligo-éléments (fer, magnésium, calcium et potassium), énormément riche en protéines complètes, … c’est l’aliment santé par excellence.

Quand ? De Mars à Novembre mais à récolter avant la floraison car la fleur de l’ortie est amère.

Où ? Partout dans la nature, on le sait tous, par expérience …

Comment ? Les jeunes pousses, les 4 premières fleurs de la plante, sont les moins urticantes et donc à privilégier. Malgré tout, n’oubliez pas le panier, les ciseaux et les gants en caoutchouc.

Recette de soupe à l’ortie 

La quantité des ingrédients se fait selon votre préférence ici ! Faites revenir les oignons dans de l’huile d’olive, puis rajoutez les orties, de l’eau, une pomme de terre et un bouillon de légumes,  puis mixez. Bon appétit !

La sève de bouleau, remède post-hiver

Ce liquide, produit par le bouleau en masse après la saison hivernale, est LA cure qu’il vous faut pour entamer un printemps en force.

Ce nettoyage de printemps corporel est un reminéralisant bluffant : magnésium (fatigue), silicium (peau-cheveux-articulations), potassium (cardiaque), calcium et phosphore (dent-os), vitamine C, antioxydant, effets drainants… bref un détox en inox.

Quand ? Après l’hiver, fin Février et mi-Mars

Où ? Sur un bouleau …  mais la sève est plus riche en minéraux dans les forêts.

Comment ? Il faut que la sève soit transparente comme l’eau, si elle devient blanche alors elle n’est plus consommable. On en boit un verre par jour pendant 3 semaines, le matin à jeun. Le gout est rafraichissant, pas déplaisant ! La sève peut se conserver pendant 3 semaines. Évidemment, comme les orties et l’ail des ours, la sève de bouleau se trouve en magasin (bio, de préférence) mais pour un prix déraisonnable quand on sait qu’on peut en bénéficier gratuitement …

Pour sa récolte, prenez une bouteille en plastique, un tube creux et perforant. Il faut percer dans le tronc sur 3 cm de profondeur environ, à 1 mètre du sol. Ne saccagez pas l’arbre, contentez-vous d’un trou.

La sève de bouleau n’est ni bonne ni mauvaise, mais si elle passe mal, pensez à tous les avantages de cet ingrédient ressourçant et … bouchez-vous les narines 2 secondes.

Alternative sans effort…

Si vous avez un potager chez vous et si vous souffrez de la flemme-attitude d’aller cueillir ces plantes à droite et à gauche, n’hésitez pas à les faire pousser dans vos jardins !

Plantons, récoltons et mangeons mes amis-es !

1er Bonus : une journée de formation « balade plantes comestibles » est organisée par Cuisine Sauvage (atelier de cuisine) le  4 juin à 14H à Uccle, et c’est bilingue ! Renseignez-vous ici

2ème Bonus : pour les plus motivés-ées !

Et au cas où vous n’en auriez jamais assez des plantes, des graines, des arbres et que vous voyez et vivez « vert », nous avons pour vous l’Association imparable et ultra-diversifiée en matière de graines à planter (trouvables ou introuvables en Belgique…)

Kokopelli 

kokopelliKokopelli est une association qui vise à soutenir et répandre la biodiversité et qui soutient l’autonomie des semences dans nos régions. Elle tente de réintroduire les variétés de semences perdues au fil des années dans nos contrées, et, alors que nos multinationales nous gavent de graines chimiques et hybrides non-reproductibles, Kokopelli offre une alternative en vendant des semences ultra-variées.

Pour rappel : l’autonomie semencière fait référence au principe de semer, sélectionner et échanger librement ses semences. Ces pratiques vieilles comme le monde contribuent à l’autonomie des paysans et à la diversité des cultures.

« Mais ces dernières décennies, à cause d’une réglementation de plus en plus complexe, une partie des savoirs a été perdue. Refusant la mainmise de quelques multinationales, des paysans s’organisent pour faire revivre d’anciennes variétés de semences agricoles ou pour en créer de nouvelles, adaptées à leurs pratiques et aux particularités de leur environnement. »

Kokopelli soutient ce principe et tente de préserver ce droit d’échange libre des semences paysannes, bataille qui se joue sur tous les fronts notamment devant les tribunaux… Car la Cour de Justice de l’Union Européenne estime que la  «productivité agricole accrue» est plus importante qu’un commerce de graines variées et anciennes.

 

 

 Julie Pappi