Du côté de nos partenaires…

Alors que le Covid-19 est sur toutes les lèvres et touche actuellement la quasi-totalité du monde, nos partenaires « Sud » sont eux-aussi affectés par la crise sanitaire actuelle. Bien que certains pays et certaines régions du globe aient été plus affectés que d’autres, le virus est présent partout et nos organisations partenaires, tout comme nous, ont souvent du faire preuve de créativité et d’innovation pour continuer leur travail malgré la situation critique actuelle.

Zoom sur ce qui se passe chez chacun de nos partenaires et sur les innovations mises en place et les difficultés rencontrées :

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  • Bénin ADED (Actions pour le Développement durable) : Bien que le gouvernement béninois ait très rapidement décrété plusieurs mesures qui ont permis de limiter considérablement le nombre d’infections et dès lors le nombre de décès, les conséquences de la crise sanitaire sont néanmoins nombreuses sur les populations et notamment sur les paysans proches d’ADED. Parmi celles-ci on peut citer entre autres : isolement des paysans des marchés locaux, nationaux et internationaux ; difficulté pour les travailleurs de se rendre sur leur lieu de travail et donc pertes et pourritures de la production, diminution du pouvoir d’achat des populations, etc. D’autre part, les conséquences sur le travail d’Aded sont également importantes : restriction sur la présence au bureau et sur les contacts avec les paysans sur le terrain, limitation voire impossibilité de maintien des contacts internationaux (annulation des projets internationaux Quinoa, frilosité quant aux sommets internationaux tels que la Cop15 sur la diversité biologique, etc.), connexion internet peu fiable pour pouvoir travailler à distance, financements en péril, etc. Cependant, certaines activités ont tout de même pu se dérouler, grâce à la flexibilité d’ADED et à quelques adaptations. Parmi celles-ci, on souligne deux sessions de formation sur l’Artémisia en mai et en juillet 2020, suivi d’activités de terrain en distancié par téléphone et lancement de l’opération : « 2020 plants en 2020 sur le site de pèlerinage annuel international B.J. Oshoffa ». Plus d’infos ici : LE COVID 19 AU BENIN ET SES CONSEQUENCES SUR LES ACTIVITES DE ATIONS POUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE- ADeD- BENIN

 

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  • Bénin CADD : Du côté du CADD (Centre d’Autopromotion pour le Développement Durable), les conséquences de la situation sanitaire actuelle se font également ressentir sur les populations comme sur l’association en tant que telle. Tout d’abord, les femmes avec lesquelles collabore le CADD ont subis la crise autant sur le plan économique (chute des revenus et hausse des prix des denrées alimentaires, du transport, etc.) que sur le plan social (isolement, psychose et peur de l’autre et des centres de santé, …). En tant qu’organisation de micro-crédit, le CADD a également dû faire preuve d’une grande flexibilité et de capacités d’innovation pour continuer à fonctionner. En effet, de nombreuses activités de l’organisation ont été impactées par la crise : les microcrédits, le travail de sensibilisation/formation/mobilisation avec les femmes, les projets internationaux, etc. Plus d’infos ici : Histoire_CADD_Quinoa2020

 

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  • Philippines PDG : Aux Philippines, Duterte a imposé entre mars et juin un confinement extrêmement strict : toute la population a été assignée à résidence avec un seul laissez-passer par ménage pour les achats de première nécessité. Ces mesures prônant le contrôle et la surveillance des populations ont dès lors imposé un climat d’intimidation parmi la population et le gouvernement a notamment profité de cet état d’urgence pour promulguer la loi anti-terroriste tant contestée depuis des mois. Les conséquences de cette crise risquent donc d’être nombreuses sur la population. On prévoit non seulement une restriction des libertés de nombreux mouvements sociaux tels que PDG mais également une forte famine dû aux nombreuses pertes d’emploi liée au confinement et à la situation actuelle (retour au pays des travailleurs philippins à l’étranger, exode rural, etc.). Plus d’infos ici : PDG Update as of September 2020 for Quinoa

Rapidement, notre partenaire PDG a su faire preuve de créativité pour continuer la lutte. L’équipe a mis en place un suivi des communautés à distance par téléphone et au travers des médias sociaux, en limitant le suivi en présentiel aux quelques leaders communautaires voisins. PDG a aussi su continuer son travail de plaidoyer auprès des autorités locales en obtenant même quelques aides matérielles telles que des colis alimentaires fournis à certaines familles pendant le confinement. Finalement, PDG a aussi mis en place un projet spécial appelé « Food production » qui consiste en la distribution de semences à des fermes locales afin de promouvoir l’agriculture biologique et la production locale et en la distribution de 1500 kg de riz aux travailleurs agricoles.

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  • Népal – CWIN : Au Népal, une quarantaine a, comme dans le reste du monde, aussi été imposée, entre fin mars et fin juillet. Cette crise, en plus de constituer une menace en termes sanitaires, a également perturbé les vies d’une grande partie de la population népalaise et encore davantage des travailleurs journaliers, des vendeurs, des propriétaires de petites entreprises, des personnes travaillant dans le secteur des transports et des enfants des rues, tous dépendants d’un revenu journalier et donc non garanti en ces périodes compliquées. Cependant, malgré la crise, le CWIN a pu continuer à travailler, tout en respectant les mesures imposées par le gouvernement : plaidoyer, formation et orientation à destination des enfants, des autorités et des autres parties prenantes et prise en charge d’enfants en situation dangereuse en urgence. De fait, le CWIN atteste avoir reçu trois fois plus d’appels d’urgence durant le confinement qu’en période normale ; des demandes pour lesquelles les réponses étaient parfois très compliquées dû aux restrictions en termes de mobilité. Finalement, le CWIN a également énormément travaillé le sujet de la charge mentale de cette crise sur les enfants et comment détecter un enfant qui a besoin d’aide, comment l’encourager et l’encadrer et apporter de l’aide d’urgence aux enfants et aux familles dans le besoin. Plus d’infos : CWIN’s Reponse during Pandemic

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  • Burkina Faso – Marbayassa : Du côté du Burkina Faso, notre partenaire Marbayssa considère que le pays a assez bien été épargné par le Covid-19, comparé à d’autres régions du monde bien plus lourdement impactée. Cependant, ils.elles soulignent tout de même le fait que la situation actuelle a bouleversé pas mal de choses au niveau du travail de Marbayassa avec une situation requérant une énorme flexibilité !

 

 

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  • Sénégal – Enda Pronat : Le Sénégal a été, comme la majorité du monde, confronté à une crise sanitaire, économique et alimentaire durant laquelle l’État et les organisations de la société civile sénégalaise ont accompagné du mieux possible les populations. Ces derniers mois ont été plein de défis mais aussi plein de résilience pour notre partenaire Enda Pronat, qui a travaillé sur différents fronts. D’une part, les équipes ont été mobilisées pour fournir des semences et du matériel agricole en quantité bien supérieure aux années précédentes et pour renforcer les caisses autogérées villageoises dans le but de permettre aux communautés de s’autofinancer pour leurs campagnes agricoles (sous forme de crédit au niveau de la communauté). Finalement, les meilleures nouvelles sont que la campagne agricole en cours semble plutôt prometteuse, ce qui garantirait un avenir plus serein aux populations, durement menacées d’insécurité alimentaire ces derniers mois. La transition agroécologique évolue au niveau national, grâce à la structuration des acteurs de l’agroécologie et au renforcement du dialogue avec l’Etat, bien qu’il y ait encore certains défis à surpasser !
  • Pérou – Grufides : Au Pérou, le déconfinement a pu commencer en octobre, après plus de 7 mois de confinement sévère. Chez notre partenaire Grufides, le télétravail est de mise et ce au minimum jusqu’à début 2021. Comme dans beaucoup d’autres associations, toutes les activités ont dû être repensées étant donné que la majorité des interventions se réalisent habituellement sur le terrain. D’ailleurs, le format virtuel ne peut réellement être mis en place avec les communautés étant donné l’impossibilité d’accès à internet d’une grande partie de la campagne. Grufides souligne que c’est d’ailleurs un détail important quant aux classes virtuels des enfants! Nombreux sont les enfants qui ne peuvent assister à leurs programmes scolaires en milieu rural… Au sein de Grufides, les contrôles de l’eau continuent, en groupes restreints, et les défénseuses continuent à produire leurs produits de bien-être et de santé à base de plantes médicinales tout en respectant les protocoles en vigueur. L’équipe permanente, elle, travaille notamment sur des campagnes de sensibilisation à la radio et sur les réseaux sociaux et vient de lancer une formation en journalisme et communication sociale sur la question des Droits humains et des conflits socio-environnementaux. Les projets miniers continuent malheureusement à battre leur plein et bénéficient du soutien du gouvernement comme « impulseur de l’économie après la pandémie ».
  • Inde – Bharathi Trust : En Inde, la crise a également été très forte. En septembre, l’Inde était d’ailleurs le deuxième pays avec le plus de cas au monde, après les États Unis, bien que cela puisse aussi s’expliquer par le fait que l’Inde est également le 2e pays le plus peuplé du monde. De nombreuses zones du pays ont été très fortement touchés, telles que les villes de Delhi et de Bombay, notamment, mais le virus a également atteint les campagnes où on estime trouver 2/3 des cas. Aux environs de mars, le pays a connu un exode urbain super important durant lequel les transports en commun ont été réellement pris d’assaut. Les chiffres n’ont jamais cessé d’augmenter entre mars et mi-septembre, période à laquelle la courbe a seulement commencé à redescende très lentement. Du côté de Bharathi trust, le travail continue tant bien que mal, et Siddamma essaye de collaborer comme elle peut afin d’apporter un maximum de colis alimentaires aux nombreuses victimes de cette crise.