Être comme eux ? Perspectives critiques latino-américaines sur le développement, sous la direction de Nicolas Pinet

A la question de Nicolas Pinet « Etre comme eux ? » ou plutôt « être comme nous ? », répondent des textes jeunes ou plus anciens d’auteur-e-s majoritairement latino-américain-e-s. Tous ramènent le débat sur la notion même de développement : D’où vient-il ? De quel projet de société s’agit-il ? Au service de qui, de quoi, de quelles politiques est-il mis en place ? Ces interrogations nous amènent à envisager les réponses aux enjeux contemporains hors du cadre développementaliste.

Il s’agit d’un incontournable pour toute personne qui s’intéresse à la coopération, à « l’aide au développement », et d’un coup de cœur inévitable pour Quinoa, puisqu’il reprend et illustre des sujets que nous abordons lors des projets internationaux, des animations ou des formations : interculturalité, don contre don, après-développement,  alternatives, etc.

Les auteur-e-s de ces textes laisseront peu de lecteurs-ices indifférent-e-s, provoquant des électrochocs ou fournissant une source d’inspiration, voire souvent les deux. C’est un livre qui ne se termine pas à la dernière page. Son titre ne pouvait être qu’une question, tant il regroupe des textes qui bousculent, questionnent, invitent à la réflexion.

Damien Charles

 

indexQuatrième de couverture
L’idée de « développement » semble désormais, pour beaucoup, aller de soi. Si débat il y a, c’est en général à l’intérieur de ce cadre de pensée, sur les modalités des transformations à effectuer ou sur la terminologie utilisée : l’expression « pays sous-développés », jugée trop négative, a été remplacée par l’euphémisme « pays en voie de développement » qui met en avant les potentialités prometteuses des aspirants… La hiérarchisation sous-jacente, rendue ainsi moins explicite, ne fait pas elle-même l’objet d’un questionnement, ni d’ailleurs les critères qui y président, définis par ceux-là qui se sont adjugé la première place.
Les textes réunis dans cet ouvrage font, à l’inverse, porter le débat sur la notion même de « développement ». Ils en rappellent les conditions de naissance, au mitan du siècle, et décryptent les stratégies politiques dont elle devait être l’instrument. Ils décrivent les effets dévastateurs de l’imposition du « modèle occidental » au nom d’un soi-disant progrès et de programmes d’aide au développement. Ils font entendre des voix revendiquant le droit, et le bonheur aussi, de ne pas être comme « eux » – c’est-à-dire comme nous. Ils donnent à voir enfin comment, par-delà les relations heurtées avec une culture « occidentale » envahissante, d’autres modes de vie perdurent et se réinventent sous des formes dont nous avons sans doute beaucoup à apprendre.
Arturo Escobar, Majid Rahnema, Ivan Illich, Gustavo Esteva, Javier Medina, Dominique Temple, Benjamín Maldonado, Louisa Reynolds, Leonardo Boff, Denis Merklen, Raúl Zibechi et Victór Bretón.

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