Frayba, un partenaire en lutte pour la justice

Depuis quelques années, Quinoa forme les volontaires qui partent en mission d’observation dans le sud du Mexique avec l’organisation Frayba. Voici donc un petit coup de projecteur sur le travail inspirant réalisé par cette association, et quelques propositions de solidarité concrètes.

Depuis 1989, le Centre de droits humains Fray Bartolomé de las Casas (Frayba) travaille pour la défense et la promotion des humains des peuples autochtones et des communautés de l’état du Chiapas, au Mexique. Elle naît dans un contexte de forte répression gouvernementale contre les organisations sociales et les communautés organisées pour revendiquer leurs droits.

Le Chiapas est le théâtre d’un conflit armé non résolu. En 1994, aux cris de « Terre et liberté », des milliers de Zapatistes prennent les armes pour exiger le respect de leurs droits et ne plus être considérés comme des citoyen-ne-s de seconde zone. S’en sont suivi de longues négociations avec l’état mexicain, mais ce dernier n’a pas respecté les engagements pris envers les communautés zapatistes. Depuis lors, l’armée fédérale mexicaine poursuit une guerre de basse intensité au Chiapas, qui se concrétise par une série de harcèlements visant à affaiblir les organisations des communautés originaires, zapatistes et autres, qui tentent de développer leur autonomie et de défendre leurs droits. L’objectif de l’état fédéral est d’augmenter son contrôle sur les populations et les ressources de la région. A cela s’ajoute la pression de groupes paramilitaires, criminels et d’entreprises qui cherchent à s’accaparer les richesses locales.

La mission de Frayba est de côtoyer et de se mettre au service des populations pauvres, exclues et organisées, qui sont actrices de la transformation de la situation socioéconomique et politique dans laquelle elles vivent. Concrètement, Frayba surveille, documente, dénonce et plaide contre les violations des droits humains dans l’état du Chiapas, en particulier sur le territoire autochtone, en mettant l’accent sur les exécutions extrajudiciaires, la torture, les détentions arbitraires, les disparitions, les déplacements forcés violations du droit à la terre et au territoire des peuples autochtones. Cette organisation promeut le droit à la libre détermination et à l’autonomie des peuples autochtones de leurs droits à la terre et au territoire. Leur travail est guidé par la recherche et la construction d’une autre justice à partir de la récupération de la mémoire historique, de la vérité, de la justice et des mesures de non-répétition.

Les rapports publiés par Frayba représentent un excellent moyen de s’informer sur la situation des droits humains au Chiapas. Grâce à leur travail, des dizaines de personnes enfermées abusivement ont pu être libérées, de nombreuses exactions ont été mises en lumière, et les agressions dissuadées par la présence d’observatrices et observateurs ne pourraient être comptées. Malheureusement, dans les cas des atteintes aux droits des personnes et de leurs communauté, l’impunité reste trop souvent la règle.

Envie de soutenir le travail de Frayba ?

Les organisations de défense des droits humains au Mexique subissent une pression constante des gouvernements fédéraux et régionaux. Leurs conditions de travail sont souvent risquées, et l’accès aux fonds leur est difficile. Ils comptent donc sur la solidarité internationale pour poursuivre leur activité. Si vous avez envie de faire un don, un crowdfunding vient d’être lancé : https://www.globalgiving.org/projects/frayba-protectlandrightsandliveofmayancommunities/

Vous pouvez aussi participer aux BriCOs. Parmi leurs innombrables activités, FrayBa organise des Brigades d’observation civiles (ou BriCo) dans ces communautés, afin de prévenir les atteintes aux droits humains, et de les documenter. La collaboration entre Frayba et Quinoa est née dans ce cadre, car Quinoa prend en charge la formation obligatoire des participant-e-s belges. Les formations se composent d’une journée sur la situation au Chiapas (samedi 23 février) et d’un week-end sur les relations ‘Nord-Sud’ et la démarche interculturelle (facultatif pour les ancien-ne-s volontaires des projets internationaux). Tous les détails de la formation se trouvent ici.

Enfin, et surtout, vous pouvez diffuser les informations partagées par Frayba. Parlez-en autour de vous ! Rendre visibles les atteintes faites aux communautés du Chiapas est un geste solidaire simple qui, comme le confirme Frayba à chaque visite en Belgique, renforce le travail des défenseurs-ses des droits humains.