Justice for Ben

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Prochaine action :

Defend the Defenders 10/12  – gare centrale BXL – avec Stop The Killings – en savoir plus !

 

Ce mercredi 6/11, nous nous rassemblions, devant l’ambassade des Philippines, en solidarité avec les défenseurs-ses des droits humains aux Philippines

Le 6 novembre 2018, notre ami Ben Ramos était assassiné. Il était le 34e avocat tué aux Philippines depuis l’élection de Duterte. Directeur de notre association partenaire PDG, Ben a marqué plusieurs générations de volontaires Quinoa. Un an plus tard, les coupables ne sont pas sous les verrous. Les défenseurs-ses des droits humains, dont la famille et les collègues de Ben sont encore victimes de répression et de menaces de mort.

Nous nous sommes rassemblés pour :
– dénoncer les exécutions extra-judiciaires aux Philippines ;
-exiger une justice impartiale, un procès équitable et l’arrestation des coupables ;
-exiger la protection pour les défenseurs-ses des droits humains aux Philippines, notamment les membres de PDG ;

1 an après ce lâche assassinat, les combats de Ben Ramos sont bien vivants !

En novembre 2018, nous apprenions l’assassinat de notre partenaire et ami, l’avocat Ben Ramos. Il aura payé de sa vie sa lutte pour les droits des paysan·ne·s sans terre aux Philippines, comme 60 autres avocat·e·s et 145 défenseur·euse·s des Droits humains depuis l’arrivée du président Duterte au pouvoir, en 2016.

Au cours des trois dernières années, des violations flagrantes des Droits humains -exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires de civil·e·s- ont été observées. Dans de nombreux cas, les auteurs présumés des meurtres sont des membres des forces armées, des groupes paramilitaires ou des personnes qui leur sont liées. Les actes d’intimidation et les attaques contre les voix qui critiquent le gouvernement -médias indépendants, défenseurs·euses des Droits humains, ONG, avocat·e·s et journalistes- se multiplient.

INTERPELLATION DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME A L’ONU

Le 7 juin, les expert·e·s des Droits humains ont alerté les Nations Unies et ont appelé à mettre en place une enquête indépendante sur les violations des Droits humains commises aux Philippines. Ils·elles se sont dit·e·s « extrêmement préoccupé·e·s par le nombre élevé de meurtres perpétrés dans tout le pays dans un climat apparent d’impunité officielle et institutionnelle ». Ils·elles ont enregistré « un nombre impressionnant de morts illégales et d’assassinats par la police dans le cadre de la prétendue guerre contre la drogue, ainsi que d’assassinats de défenseurs des Droits de l’homme ». >>Article complet sur ONUinfo

Le 11 juillet, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a adopté la résolution qui demande au Haut-Commissariat des droits de l’homme des Nations Unies de présenter un rapport détaillé sur la situation des droits humains aux Philippines lors de leur prochaine session en juin 2020. Le gouvernement philippin avait auparavant critiqué cette résolution et cherché à la bloquer… >>Article d’Amnesty International

PHILIPPINES, LE PAYS LE PLUS ‘MEURTRIER’ POUR LES MILITANT·E·S ENVIRONNEMENTAUX

En 2019, malgré les victoires péniblement obtenues par certains mouvements sociaux, la situation empire sous la présidence de Rodrigo Duterte, qui a ouvertement déclaré la guerre à tout mouvement progressiste dans le pays. Les leaders sociaux sont les cibles d`attaques répétées : diffamations, criminalisation, menaces, arrestations, assassinats extrajudiciaires.

Alors que Mindanao, l`ile la plus au sud de l`archipel se trouve déjà sous loi martiale, Negros, ainsi que les iles de Samar et Bicol se retrouvent en état d`urgence, dans le cadre de la lutte contre des groupes rebelles. Les mouvements sociaux, accusent d`y être associés et subissent de plein fouet ces violences répétées, en voyant leurs activités de plaidoyer et d`accompagnement des communautés -tout comme la vie de leurs travailleur·euse·s-, fortement menacées.

Selon le rapport 2018 de Global Witness, les Philippines est le pays le plus meurtrier pour les militant·e·s environnementaux. Dans le monde, en 2018, ce sont rois personnes par semaine qui ont été assassinées pour avoir défendu l’environnement… Sans compter des innombrables personnes criminalisées.

>>Article complet sur AlJazeera ‘Philippines ‘deadliest’ country for environmental, land activists’

 

SITUATION PARTICULIÈREMENT CRITIQUE SUR L’ILE DE NEGROS (été 2019)

Sur l’ile de Negros, où se trouve notre partenaire philippin PDG, la situation est extrêmement critique :  nombreuses organisations paysannes avec lesquelles PDG travaille sont mises sous surveillance et menacées par les forces de la police et de l’armée. La présence importante des militaires dans les communautés rend parfois impossible tout déplacement. En juin, 25 membres et leaders d’organisation paysannes ont été injustement accusés de l’assassinat d’un policier, 7 d’entre eux ont été arrêtés.

De nouvelles menaces ont directement visé PDG, taxé de « groupe armé communiste » -sur les ondes de la radio gérée par l’armée- ou d’organisation « recrutant des terroristes » : la directrice exécutive a été surveillée et suivie suite à une interview pour Al-Jazeera ; un autre membre du staff de l’organisation a été dénoncé pour vol et arrestation illégale par un membre des forces armées et a reçu une assignation à comparaître devant le tribunal.

Ces évènements suivent de près des nombreuses violences de la part de l`armée et de la police sur l’île : d’octobre 2018 à juillet 2019, on compte déjà l’assassinat de 116 personnes dont les 9 paysans du massacre de Sagay. Dans le même contexte 3 activistes pour les droits humains ont été assassinés -dont Ben Ramos, qui avait pris la défense des familles des victimes du massacre de Sagay-. Une mission internationale indépendante a rassemblé des preuves à l’encontre de deux membres de l’armée dans le cadre de ce dernier assassinat.

Lire le compte-rendu complet (Quinoa)

Lire le communiqué de presse de PDG (anglais)

La situation est critique et les activistes de Negros ont besoin de soutien, de visibilité et de protection de la part de l`opinion publique et des autorités internationales, alors que Duterte s`éloigne progressivement des cadres légaux internationaux en matière de droits humains -Il a affirmé de manière unilatérale son choix de retirer officiellement les Philippines de la juridiction de la Cour Pénale Internationale, comme l`annonce le Washington Post-.

SOMMET D’URGENCE SUR LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME AUX PHILIPPINES 20 > 22 SEPTEMBRE

Un Sommet d’urgence sur la situation des Droits de l’Homme aux Philippines est organisé du 20 au 22 septembre prochains à Reykjavík, en Islande. Une délégation philippine s’y rendra, ainsi qu’à la 42e session du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève pour des interventions orales, des réunions et des conférences parallèles. Elle sera composée de membres des associations Ecuvoice, Philippine UPR Watch, Karapatan, NUPL et Rise Up. La délégation philippine souhaite également interpeller les pouvoirs politiques et les parlementaires européens (La Haye, Londres, Bruxelles, Amsterdam, Strasbourg) pour un plaidoyer en faveur d’un changement de position des dirigeant·e·s et la mise en place de sanctions internationales. Autre Terre propose de soutenir la délégation > plus d’infos !

Lire le communiqué (en anglais) le somment d’urgence

Aux Philippines et à Negros, il est temps que ces attaques cessent, tout comme les détentions arbitraires, les tortures, les violences sexistes contre des femmes, les atteintes à l’indépendance des juges et des avocat·e·s, les restrictions de libertés d’expression et de réunion !

Nous appelons à l`action ! Si vous désirez être tenu·e au courant des prochaines mobilisations, contactez-nous !

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