Nourrir l’humanité c’est un métier

Il y a deux petites semaines de cela, dans une péniche itinérante amarrée à la Meuse, se jouait la pièce intitulée « Nourrir l’humanité c’est un métier ». Charles est acteur, mais comme il le dit au tout début de la pièce, il est « avant tout » fils de paysan. On le sait alors dès le début, cette pièce a été réalisée avec toute la sensibilité que peut contenir un fils face au déclin de l’activité de son père. Et quelle dose de sensibilité !

nourrir l'humanitéLa pièce n’est en rien larmoyante, ni misérabiliste. Elle dresse un portrait de l’agriculture paysanne et familiale en déclin. Un portrait que je considère comme à la fois objectif, étant donné que plusieurs agriculteurs prennent la parole tour à tour au travers d’interviews et la fois très subjectif étant donné la proximité entre les acteurs et le milieu agricole. Cette pièce nous rappelle que derrière le simple acte de manger, il y des individus qui travaillent, qui luttent, qui vivent et souffrent énormément.

Manger, c’est simple non ? Et pourtant, c’est toute une classe sociale qui se voit ballotter dans tous les sens, à coup de contrôle d’hygiène, de réglementations de plus en plus dures, de concurrence de plus en plus large et de plus en plus inégalitaire. Personnellement, si quelque chose m’a frappé, c’est cette conscience du système monde qu’on tous ces agriculteurs.

« Nourrir l’humanité c’est un métier » se base sur des témoignages d’agriculteurs et d’agricultrices, le tout délicieusement mis en scène par nos deux maîtres de cérémonie. On passerait facilement du rire aux larmes tout du long de la pièce.

A toutes les citadines et a tous les citadins, a tout ceux qui comme moi ne mettent que trop rarement leurs mains dans la terre : aller voir cette pièce, c’est aussi se rendre compte de l’impact de la globalisation sur l’individu qui cultive nos patates et nos carottes. Écouter ces parcours de vie très durs et très simples à la fois, c’est se rendre compte que nous ne sommes rien sans eux.

Cette pièce, c’est aussi un appel à manger mieux, consommer mieux pour permettre à tous ces paysans de continuer de vivre une vie décente et d’ exercer cette profession toute particulière. Être paysan, c’est à la foi un métier et un mode de vie, lorsque l’on travaille la terre, les horaires paraissent bien superflus par rapport au cycle naturel, celui qui naturellement nous offre la vivre.

Vous trouverez les dates sur le site de la compagnie Art & Tça. Il y a des représentations un peu partout en Belgique et la pièce se joue sous différents formats. Alors, n’hésitez pas à la voir et la revoir !

Ludwig Brosse