Objectifs 0 déchets

Objectifs 0 déchets

« Chaque année, en Région wallonne, près de 2 000 000 de tonnes de déchets ménagers et assimilés sont collectées. Cela veut dire environ 550 kg de déchets collectés par habitant-e (tout type de déchets ménagers confondus, triés ou non). »

Sacs plastique, feuilles de papier, vêtements usagés, électroménagers … que ce soit à la maison ou ailleurs, nous sommes constamment amené-e-s à accumuler un nombre incroyable de « brols » : les millions de sachets que nous achetons dans les supermarchés parce que « mince, j’ai oublié le mien », les vêtements qui trainent dans nos garde-robes sous prétexte du « on ne sait jamais » et j’en passe… toutes ces mauvaises habitudes que nous avons prises ne contribuent en rien à modifier notre routine de vie et améliorer notre empreinte écologique .

Notre société peut-elle devenir écologique ?

En tant que citoyen-ne, nous avons des droits et des devoirs : par exemple, le droit au travail et le devoir de respecter la loi. Il en va de notre responsabilité de les respecter mais il est possible de voir plus loin et d’être plus ambitieux afin d’agir favorablement sur notre environnement. Il n’est pas trop tard pour donner un sens à la société dans laquelle nous vivons.

L’éco-citoyenneté est le fait d’être un-e citoyen-ne respectueux-se de la nature et soucieux-se de son environnement. Des alternatives naissent peu à peu et ce partout dans le monde pour préserver notre planète aujourd’hui surexploitée.

De manière générale, nous avons conscience des problèmes environnementaux actuels : réchauffement climatique, pollution des sols, extinction de certaines espèces … Face à ça, nous nous sentons démuni(e)s et impuissant-e-s. Mais des solutions  existent… On en parle ?

L’alternative éco-citoyenne  du  « zéro déchets » 

Pas de déchet ? C’est possible !

L’alternative « zéro déchets » : « couteux et difficile à mettre en place » diront certain(e)s.

Pourtant, avec les gestes appropriés, réduire le coût est possible pour trouver un équilibre par rapport à tous nos achats superflus. Quant à la rapidité du processus « 0 déchet », une fois habitué-e-s à ces petits gestes quotidiens, on se rend finalement compte que cela ne nous demande pas un temps démesuré. Au final, si nous réduisons nos déchets, nous n’avons plus besoin de recycler ou de trier (à savoir que le recyclage ou le tri demande également un certain coût).

L’alternative « zéro déchet » nous offre l’occasion de faire valoir notre statut de citoyen-ne engagé-e et solidaire.

De plus en plus d’actions sont mises en place pour faire face à ces monticules de déchets qui endommagent notre terre et qui, au final, touchent également  notre santé. Par conséquent, cette initiative zéro-déchet commence à faire son petit bout de chemin çà et là…

A travers cet article, nous vous proposons de découvrir les trucs et astuces permettant de se lancer (doucement, mais sûrement) vers une routine sans déchets. Bonne lecture !

Les trucs et astuces :

Marre de sortir les lourdes poubelles chaque semaine et de les voir se remplir à nouveau en un temps record, de déballer au quotidien une quantité monstrueuse d’emballages? Marine et Carol ont eu le même ras-le-bol et ont décidé ensemble d’agir et de créer un nouveau concept écologiquement plus responsable. Voici leur petit bébé :

entrepot

Copyright Fiona Closset – Localove.be

pot
L’Entre-pot est une épicerie en vrac située à Liège qui a pour spécificité la vente de produits (pour la plupart BIO ou local) sans emballage. Le projet est né il y a quelques mois grâce à Marine et Caro qui ne supportaient plus de voir au quotidien s’amonceler l’amas de déchets ménagers. Le principe est simple, tout-e consommateur-trice arrive avec un pot à peser, le remplit de l’aliment choisi puis ne paie que la quantité du produit acheté. L’objectif est triple : réduire les déchets, éviter le gaspillage alimentaire en achetant uniquement la quantité nécessaire et enfin payer le produit à son juste prix. Par conséquent, cette initiative citoyenne a une influence positive pour la planète ainsi que pour le portefeuille des consommateurs.

 

 

Si vous êtes passionné-e-s de mode, que vous aimez multiplier les accessoires où les vêtements mais qu’à chaque achat, vous culpabilisez sur l’empreinte écologique et les problèmes éthiques de ces nouveaux habits, voici quelques pistes pour continuer à se faire plaisir d’une manière différente. Bon nombre de magasins de seconde main offrent un vaste choix vestimentaire et une seconde vie aux habits encore en bon état. C’est notamment le cas d’Oxfam Vintage qui propose un panel de vêtements à un prix abordable. Refusons également de considérer que seconde main rime avec ringard car trouver des vêtements vintage récemment revenus à la mode est tout à fait possible. Le but de cette initiative est double : réutiliser des vêtements, et le faire à moindre coût.

 

De nombreuses vintageautres enseignes de magasins de seconde main suivant la même optique existent à Bruxelles. Pour connaître les adresses shopping alternatif, veuillez sans plus attendre vous référer à ce site. Il les répertorie pour vous et propose également des commentaires sur la boutique.

Mais alors vous vous demandez peut être en quoi est-ce différent d’acheter des vêtements de seconde main plutôt que des neufs ? Cela reste de la consommation !

Peut-être, mais l’objet de la consommation est tout autre.

Déjà, les vêtements achetés dans les magasins de marque font souvent 36000 kilomètres pour parvenir dans la boutique juste à côté de chez vous. Et oui ! Le jeans à 39,99 euros acheté la semaine passée chez Zara  est sûrement composé de coton provenant d’une usine au Bangladesh, assemblé en Tunisie, avant de passer par la Chine afin de lui donner un petit style vintage !

Alors, 39,99 c’est quand même un coût, mais quel est le véritable salaire des employé-e-s travaillant dans ces usines ?

Saviez-vous par exemple que les usines du Bangladesh travaillant pour H&M, Zara et C&A, ces grandes marques connues de tous, sous-payent leurs employ-e-s qui peinent à survivre avec un salaire minimum légal de 67$ par mois ?

Il est peut-être temps de ne plus pousser ces grandes chaines à la surproduction de vêtements et de penser aux conditions de vie des travailleurs/euses payé(e)s de manière non équitable. Refusons de faire partie de/d’entretenir ce système inégalitaire.

 

repair café

Nous sommes nombreux-ses à entasser de manière compulsive des objets inutiles ou cassés. Ceux-ci encombrent notre maison, notre bureau,… notre vie. Difficile de se débarrasser du plat en verre offert par la belle-mère au Noël précédent, ça fait pourtant des mois qu’il traine en mille morceaux au fond de l’armoire. Heureusement, un nouveau concept est né du nom de Repair’ Café et tout comme son nom l’indique, il permet la réparation de ces objets. Machine à café, ampoules, vêtements déchirés, ordinateurs,… tout y passe et se voit doter d’une seconde vie. Mais alors, comment ça marche ? L’idée n’est pas seulement de remettre des objets en état par un réparateur ou une réparatrice hors-pair(e) mais bien d’apprendre nous même à réparer grâce aux conseils avisés de citoyens-nes compétent(e)s en la matière. Ce n’est pas tout ! C’est l’occasion de partager un moment convivial autour d’un thé, un café ou même une part de gâteau en compagnie d’autres apprenti(e)s réparateurs ou réparatrices. Depuis plusieurs années et ce pour le bien-être de nos objets délabrés, les Repair’ Cafés poussent dans nos régions comme des petits pains. Cette solution vient déjouer les mécanismes de l’obsolescence programmée et contrecarrer les plans de nos multinationales gourmandes. En effet, de nombreux-ses personnes ignorent que les objets de notre quotidien ont une durée de vie programmée et ils se mettent tout doucement à rendre l’âme peu de temps après la fin de la garantie. Ce concept a été inventé avec les ampoules qui avaient une durée de vie exceptionnelle et les vendeurs-euses se retrouvaient sans client-e avec un stock impressionnant. De plus, les Repair’s Cafés sont un moyen efficace d’éviter de jeter à tout bout de champs. Dès lors, participer à l’activité des Repair’ Café apporte des avantages aux niveaux écologiques, économiques et relationnels.

 

Naturellement, mille autres alternatives citoyennes existent encore en vue d’améliorer la situation actuelle mais tout énoncer dans cet article reviendrait à rédiger une bible de solutions.

A travers cet article, je trouvais intéressant de rappeler que les Eco-gestes comprenant le triage, le recyclage … ne suffisent pas à traiter les différents problèmes sociétales, politiques et environnementaux actuels. Trier et recycler est un bon début mais il convient de changer notre manière de vivre et de percevoir le monde pour que les choses changent vraiment. Bien des alternatives existent et c’est en commençant doucement et quotidiennement que vous pourrez découvrir d’autres habitudes de vie tout en respectant l’environnement et l’humain. Attention, pour bien faire, les changements doivent s’opérer petit à petit sinon vous risquerez, à long terme, de ne pas tenir vos engagements. Débutez à votre rythme, faites un premier tri des objets que vous gardez inutilement et pas à pas, mettez en place vos actions citoyennes.

Si malgré tout, vous avez encore du mal à franchir le cap, sachez  que de plus en plus de citoyens–nes luttent au quotidien contre la consommation excessive de déchets au travers d’actions multiples et ne rêvent que de partager leur expérience avec vous.  Découvrez sans plus attendre leurs témoignages encourageants sur : http://www.televisiondumonde.be/Fiche_M_2016_Tam-Tam_ZeroDechet.php http://www.wastesidestory.org/

Julie Pappi & Kathy Matagne