Et si le 8 mars les femmes* s’arrêtaient (aussi) de consommer ?

Quinoa rejoint la grève féministe ce 8 mars 2021 et encourage (entre autres!) à participer à la grève de la consommation !

Quinoa rejoint la grève féministe du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits de femmes*, appelée par le Collecti.e.f 8 maars dans toute la Belgique.

Toutes en grève le 8 mars(1)

Le collectif appelle toutes les femmes* à faire grève du travail reproductif (c’est-à-dire du travail invisible accompli au quotidien dans l’espace privé), productif (ou salarié) et étudiant. Le Collecti.e.f 8 maars met également en avant un quatrième axe de la grève, celui de la consommation.

A l’heure où on parle encore du « panier de la ménagère » (pour désigner la liste des biens et services qui sert de base pour le calcul de l’indice des prix à la consommation), les femmes* sont la cible de toute une série de produits reflétant la place qui leur est assignée dans la société capitaliste : soignant leur apparence (avec une multitude de produits consacrés à l’épilation, au maquillage, mais aussi tous les produits « minceur » etc.) et s’occupant des tâches ménagères et des enfants. En parcourant les rayons du supermarché, vous pourrez aussi constater ce qu’on appelle la « taxe Rose », une taxe invisible sur des produits destinés aux femmes qui coûtent plus chers que ceux destinés aux hommes, même lorsqu’ils sont identiques – citons par exemple les rasoirs, les parfums ou encore les jouets pour enfants. Et au rayon des protections hygiéniques, vous pourrez calculer à quel point les règles se paient cher : dans le monde, jusqu’à 500 millions de personnes vivent dans la précarité menstruelle, sans accès aux protections hygiéniques par pauvreté.  Et si, le 8 mars, on faisait aussi une grève de la consommation ?

L’invitation est celle de ne pas acheter ou consommer des produits industriels (sur-emballés ou en provenance de l’autre bout du monde) ou non indispensables. Ces produits ou services sont en effet souvent produits sans respecter les droits des travailleuses.eurs ou fruits de l’exploitation de la Nature ou encore polluants. L’idée est celle d’apporter du soutien à l’agriculture paysanne tant que possible, par exemple en achetant des produits locaux (vendus dans des marchés du quartier) et/ou bio ou entreprendre des actions écologiquement responsables. Nous dénonçons également tous les produits industriels spécifiquement pensés pour les femmes* accompagnés par des injonctions à être belles, souriantes, minces, mais aussi ceux qui sous-entendent le côté « sale » des règles (ex. des tampons ou serviettes hygiéniques parfumés, les produits d’alimentation diététiques « pour femmes », ou encore les produits de puériculture qui sous-entendent que seules les femmes s’occupent des enfants…).

Pourquoi, en tant que travailleuses de Quinoa, on pense qu’il est indispensable de se mobiliser dans cette journée de lutte et de grève ?

Pour de multiples raisons, entre autres :

  • Il n’y a pas de lutte féministe sans lutte écologique, et pas de lutte écologique sans lutte féministe !

Le système dans lequel nous vivons se base sur l’exploitation du travail des femmes (surtout en provenance des pays dits du Sud) et l’oppression de ces dernières et du vivant. Le libre marché par définition exclut les plus pauvres et il est écologiquement et socialement destructeur. Nous ne sommes plus disposées à accepter un système économique qui utilise l’environnement, la Nature et nos droits comme variable d’ajustement.

Reconnaître que le « prendre soin » ne se rapporte pas qu’aux humain.e.s mais à l’ensemble du vivant, nécessite de donner la juste valeur aux procédés et pratiques de soin des communautés et écosystèmes. Dans les mots de Yolanda Vargas : «  [Il faut] penser la réalité de notre monde actuel avec les clés que nous donnent le féminisme et l’écologisme : changer le paradigme et arrêter de considérer le marché comme mesure de valeur et mettre au centre des politiques publiques la durabilité de la vie ».

C’est pour cela qu’une grève de la consommation des produits de l’agro-industrie et des produits « féminins » sexistes devient aujourd’hui et dans cette journée du 8 mars primordiale : on espère que cela sera une occasion de plus pour conscientiser les femmes et de la population entière en matière de droit à l’alimentation et à un environnement sain!

  • Puisque nous sommes des travailleuses du secteur associatif en Belgique. Dans ce secteur 58% des travailleuses.eurs sont des femmes*, mais le rapport est exactement inversé en ce qui concerne les fonctions dirigeantes (58% d’hommes, selon des chiffres de 2014).
  • Puisque nous sommes des femmes* et nous voulons pour cette journée nous arrêter dans toutes nos activités, non seulement dans notre travail productif mais aussi reproductif. Cette pandémie a démontré, une fois de plus, à quel point le travail de soins (que cela soit gratuit ou mal rémunéré) est indispensable mais pas valorisé. Il s’agit de « rendre visible l’invisible », et de lutter pour renverser les rapports de force et l’échelle de valeurs.
  • Puisque nous sommes solidaires avec les femmes de tous horizons (migrantes, sans papiers, LGBTQI+…), et que nous voulons dénoncer les abus, les harcèlements, les violences sexuelles, physiques, machistes, médicales, psychologiques, économiques faites aux femmes*, les féminicides (déjà au nombre de 7 cette année)

Ce 8 mars donc :

  • Rejoins-nous au rassemblement du secteur non marchand à 15h à l’esplanade de l’Europe le 8 mars. Ici les autres les piquets de grève et les actions organisés à Bruxelles…(lien à venir)
  • Fais la grève de la consommation : n’achète pas de produits industriels ou sur-emballés, dénonce les produits qui appliquent une « taxe rose » (différence de prix entre les produits et services étiquetés pour femme et ceux étiquetés pour homme, au détriment des consommatrices), boycotte les produits féminins sexistes, déplace-toi à pied, en vélo ou en transports en commun et réduis l’utilisation d’appareils électroniques.
  • Du 1er au 8 mars participe à la campagne #onnousprendpourdesquiches. Prend toi en photo dans un magasin ou devant une publicité avec un produit sexiste. Envoie-la nous sur Facebook ou sur Instagram. On la publiera sur notre site et sur nos réseaux sociaux !

#grèveféministe #8maars #noussommesplusviralesquelevirus

#fortesetfièresengrèvecontreleurcrise #onnousprendpourdesquiches

* femmes et toute personne qui subit des discriminations sur base de son identité de genre et de sexe