Retour sur le Tribunal Monsanto

tribunal-monsanto01

le Tribunal Monsanto est une mobilisation internationale de la société civile pour juger Monsanto pour violations des droits humains, pour crimes contre l‘humanité et pour écocide. Le Tribunal Monsanto et l’Assemblée des Peuples se sont déroulés du 14 et 16 octobre 2016 à La Haye, aux Pays-Bas.

Quinoa y était avec son partenaire Philippin, Ben Ramos de l’organisation PDG !

Tribunal Monsanto, késako ?

Il s’agit d’une initiative citoyenne, co-organisée par nombre d’ONG, d’associations, de citoyen-ne-s, du monde entier dont les 2 ambassadrices étaient Marie-Monique Robin et Vandana Shiva.

Le but de ce tribunal n’était pas de donner une sentence symbolique mais d’ouvrir la possibilité d’appliquer le droit international pour les crimes commis contre la terre et les générations futureset aussi denrichir les dispositifs légaux par le recueil de nombreux témoignages et documents prouvant la responsabilité de la multinationale.

Monsanto a bien été invité à ce procès, mais a décliné l’invitation en répondant par lettre ouverte, (http://www.monsanto.com/global/fr/actualites/pages/lettre_ouverte_concernant_le_tribunal_monsanto.aspx ) qualifiant de « parodie de procès [qui] détourne l’attention de discussions essentielles sur les besoins en alimentation et en agriculture du monde entier, ainsi que la pleine mise en œuvre des droits de l’Homme ».

Dans sa lettre ouverte, il parle d’ailleurs de biodiversité, de solutions durables, de transparence, d’écosystèmes sains, de protection d’espèces locales…on peut se demander qu’elle est sa définition de ces termes, probablement qu’elle différente de la nôtre…

 En guise d’introduction à ce procès plusieurs personnalités du monde politique, scientifique ou associatif sont intervenues : André Leu – président de l’IFOAM, Renate Künast, présidente du comité de protection des consommateurs, Vandana Shiva ; Nnimmo Bassey – activiste environnemental nigérien, Ronnie Cummins, Corinne Lepage…

« Pourquoi empoisonne-t-on notre futur ?  ; Nous avons le droit de savoir comment notre nourriture est produite, à nous de décider si on veut l’acheter ou pas !  ;  Lorsque les règles échouent, c’est aux gens de se défendre eux-mêmes ! ;  Si Mère Nature pouvait parler, elle dirait « Monsanto, va en prison ! » ;  Il s’agit d’un combat pour la vie et pour la liberté ! Ne laissons pas notre système alimentaire être colonisé par les entreprises ! Ne les laissons pas accaparer nos libertés !  ;  La vie est auto organisée, elle n’a pas été ‘produite’ par Monsanto qui prétend être le créateur alors qu’il détruit la vie dans toute sa diversité  ;  Sans mobilisations, il n’y a pas d’avenir pour l’humanité ! 

logo-tribunal-monsanto

 

Le lendemain ce sont les témoins qui ont pu être entendus par les 5 avocats de renommée internationale, le Tribunal Monsanto :

C’est l’histoire d’agricultrices et d’agriculteurs, qui luttent contre ce géant, depuis plus de 20 ans, sans relâche, à coups de procès et de milliers de dollars de frais de procédure : la culture de la peur

C’est l’histoire de cette maman, dont le fils, à 9 ans a déjà subi + de 50 opérations pour pouvoir vivre, parce qu’aujourd’hui, on sait que le glyphosate est responsable de malformations de l’appareil respiratoire. Cette maman qui dans la pub pour le Round Up, avait vu que le produit était biodégradable… et donc « inoffensif »… : les impacts sur la santé

C’est l’histoire de scientifiques, dont le travail et la renommée sont dénigrés, car le fruit de leurs recherches démontre trop clairement la relation de cause à effet du glyphosate sur le développement de cancers, malformations, Alzheimer, autisme, fausses couches parce qu’ils étudient les interactions à long terme, sauf que dans l’université où ils travaillent, financée par Bayer, on leur dit qu’ils sont de mauvais scientifiques, et du coup, aujourd’hui ils sont au chômage… : les pressions sur la science

C’est l’histoire de ces fermiers burkinabé qui, peu après l’introduction du coton OGM dans leurs cultures, voient leurs animaux atteints de maladies jusqu’alors inconnues de leurs vétérinaires, et qui à défaut d’avoir des labos d’analyse dans leur pays envoient leurs échantillons à analyser…chez Monsanto…

C’est l’histoire de fermiers au Bangladesh qui n’ont plus le droit de cultiver leurs propres aubergines, les brevets ont été achetés par Monsanto- + de 200 variétés locales menacées : le bio piratage

C’est l’histoire d’associations de citoyennes et de citoyens d’Amérique Latine, d’Afrique, d’Asie qui refusent de laisser en héritage aux générations futures des sols pollués, de l’eau contaminée, un environnement malade et qui témoignent de leurs actions, de leurs luttes, de leurs victoires.

C’est l’histoire de la propriété privée vs. la protection du vivant

C’est l’histoire de notre santé et de celle des générations futures

C’est l’histoire de notre souveraineté alimentaire

C’est aussi l’histoire de victoires : le Sri Lanka, 1er pays à bannir l’importation et l’utilisation du  glyphosate en décembre 2014, le Burkina Faso qui, récemment, a dit « non » aux produits Monsanto : exemples inspirant à suivre !

Les avocats du Tribunal rendront leur verdict en décembre 2016, après avoir analysé les nombreuses preuves remises par les témoins.

En parallèle des audiences du Tribunal s’est déroulée l’Assemblée des peuples, des ateliers sur différentes thématiques pour mettre en place des stratégies d’actions communes pour bannir les OGM et les pesticides, promouvoir l’agro écologie, se réapproprier le droit à échanger les semences et surtout comment rendre les multinationales responsables de leurs crimes

Que peut-on faire en attendant que le verdict du tribunal soit rendu ?

On peut soutenir les agriculteurs et agricultrices dans leurs luttes, rédiger des déclarations sur les OGM et pesticides et les adresser à nos gouvernements, forcer la Commission Européenne à adopter des régulations sur le « Sol », signer des pétitions, établir des cartographies des villes/régions/pays « zone hors pesticides », se mobiliser contre les traités commerciaux, désobéir pour préserver et échanger nos semences, s’engager pour la souveraineté alimentaire, et surtout, faire converger toutes nos luttes : sociales, politiques, juridiques et culturelles

People, united, can never be defeated!!

 Ben Ramos de PDG et Chito Medina de Masipag

Ben Ramos de PDG et Chito Medina de Masipag

Visitez également sur le site http://www.monsanto-tribunalf.org/

Lire aussi : http://www.liberation.fr/planete/2016/09/16/la-cour-penale-internationale-se-penche-enfin-sur-les-crimes-environnementaux_1499355

 

>> Lire les « coups de coeur » précédents !