Souvenirs de projets internationaux

Après deux week-ends de formation aux enjeux des relations Nord-Sud et des rencontres interculturelles, une petite centaine de volontaires sont partis un mois en immersion en Afrique, Asie et Amérique latine. Voici quelques exemples de moments forts qu’ils ont vécus.

Au procès des assassins présumés d’un activiste

Jozef Fleury-Berthiaume, responsable du projet Philippines

Le 26 juillet 2012, le groupe Quinoa assistait à l’audience du frère de Benjamin Bayles, un activiste assassiné le 14 juin 2010, à Himamaylan City. Le cas Bayles est devenu un cas phare en matière d’ « extrajudicial killings » (EJK). Ce cas est historique, en raison de l’implication de deux présumés militaires, sous les barreaux depuis leur arrestation. Benjamin Bayles était connu des gens de la ville d’ Himamaylan, tout comme de PDG, l’organisation partenaire de Quinoa, et de l’Association Sagana, notre communauté d’accueil. Nous nous sommes donc rendus au tribunal régional d’Himamaylan en « tricycles » motorisés aux côtés de nos « papas » et « mamans » d’accueil. Pouvoir partager ce moment avec la communauté était très symbolique, puisque Bayles défendait leurs droits en tant que paysans et que nous avions devant nous les présumés assassins, le frère de la victime, l’avocat de la famille du défunt et directeur de PDG (Ben Ramos) ainsi que les membres de Sagana, aussi victimes de pressions dues à leur activisme. À ce moment, nous étions solidaires avec eux et en même temps aux premières loges d’un procès historique, et probablement d’un précédent politique.

Jozef et sa famille d’accueil, sur l’île de Negros aux Philippines. Photo de Lidwine Crosset

La solidarité féminine à Kpossidja

Clothilde Bodson, responsable du projet Bénin

Le jour de notre départ nous sommes allées à Kpossidja pour dire au revoir aux femmes du groupement avec qui nous avions travaillé. Arrivées sur place, nous avons appris que la présidente du groupement était malade, probablement victime d’une crise de paludisme. En fin de matinée, une infirmière est venue l’ausculter suite à l’insistance du groupement de femmes auprès du fils de la présidente. Une fois le diagnostic établi, le fils a refusé d’aller chercher les médicaments. Les femmes se sont alors toutes cotisées pour les acheter.
Ce moment était particulièrement fort et lourd de sens. Dans cette même situation s’entrechoquaient différentes dynamiques: les différences de croyances – le fils et certaines femmes faisant davantage confiance à la médecine traditionnelle -, le manque d’accès aux soins, les relations hommes-femmes… Mais ce qui en est vraiment ressorti, c’est la solidarité de ce groupement de femmes, qui a tenu tête au fils, qui s’est beaucoup concerté et qui s’est mobilisé pour aider l’une d’entre elles.
Cette situation reflétait la raison d’être de ces groupements que nous avons rencontrés: ces femmes se rassemblent pour pouvoir épargner et bénéficier de crédits plus facilement, mais aussi pour se sentir entourées, soutenues et membres à part entière d’une petite communauté solidaire.

 

Reforestation à Tepeyac : quand planter un arbre prend un sens nouveau

Giulia Rampazzo, responsable du projet Equateur

L’action de planter des arbres dans un lieu difficile comme celui des Andes équatoriennes a été imprégné de réflexions, personnelles ou partagées, sur des problèmes plus globaux comme le changement climatique. Nous devions fournir d’intenses efforts pour apporter de l’eau aux jeunes plantes et, plus tard, nous avons dû arrêter le travail vu le manque de pluies. Ce manque d’eau, lié à l’imprévisibilité du climat, m’a fait ressentir un fort sentiment d’injustice.

Le contact avec la terre et ses nécessités, voir comment l’homme dépend énormément d’elle et de ses fruits, le respect que certaines personnes du projet portent pour l’environnement m’ont énormément touchée, pas seulement au niveau intellectuel, mais aussi et surtout au niveau affectif.

Le fait de planter un arbre, de le soigner et de le protéger n’est plus pour moi une action simple comme avant, je crois qu’elle devenue une question fondamentale.