« The take », un film de Noami Klein

Naomi Klein nous invite dans la banlieue de Buenos Aires afin de suivre une trentaine d’ouvriers au chômage en plein combat pour récupérer leur usine. Celle-ci, abandonnée par ses patrons, est désormais occupée par ses ouvriers qui refusent de la quitter. Ce combat, c’est celui des ouvriers de l’usine Forja San Martin, une usine fabriquant des pièces de voitures. Mais c’est aussi le combat de milliers d’autres personnes. En Argentine, la crise économique de 2001 a provoqué la fermeture de plusieurs centaines d’usines. Mais, alors que ces entreprises fermaient, les ouvriers les ont récupérées afin de poursuivre la production. C’est ainsi que le « mouvement des entreprises récupérées » a vu le jour, avec pour seul slogan : « occuper, résister, produire».  Les ouvriers ne pouvaient imaginer de se laisser mourir de faim à côté de telles infrastructures. Ils ont ainsi décidé de prendre en main leur destin et de changer les choses. En occupant l’usine, ils espèrent la récupérer par la voie légale et la transformer en une coopérative horizontale où chacun est administrateur et a un salaire identique. C’est leur façon de bâtir un monde nouveau…

Le phénomène d’expropriation
Le phénomène d’expropriation ou  d’«entreprises récupérées» est un mouvement qui vient d’en bas, renforçant une démocratie participative. Aujourd’hui, 15 000 argentins travaillent dans des entreprises récupérées (usines mais aussi écoles, cliniques, manufactures, etc). Si ce mouvement a pris de l’ampleur ces dernières années, il ne représente pas moins une certaine menace politique. Symbole d’une nouvelle politique, l’autogestion d’entreprises semble, pour les politiciens, un véritable danger.

Contexte
Dans les années nonante, le règne de Carlos Menem transforme l’Argentine selon les règles du FMI. Il impose des politiques favorables aux entreprises (licenciements, cadeaux de l’Etat, etc). Mais le « miracle Menem » tourne au cauchemar : la moitié du pays bascule sous le seuil de la pauvreté, la devise argentine perd de sa valeur et de nombreuses révoltes voient le jour. Aujourd’hui, le modèle capitaliste est décrié par le peuple.

Bio express Noami Klein
Le film de « The Take » a été réalisé par Naomi Klein et son mari, journaliste, Avi Lewis. Noami Klein est une journaliste, auteure, cinéaste et militante altermondialiste canadienne. L’histoire familiale de Naomi Klein est teintée de militantisme politique. Ses grands-parents étaient des marxistes américains actifs dans les années 1930 et 1940. Ses parents ont émigré au Canada en protestation contre la guerre du Viêt Nam. Naomi Klein est devenue un symbole du militantisme en faveur de l’altermondialisation grâce à son best-seller « No Logo », sorte de bible du mouvement anticapitaliste. Elle a également écrit des articles pour différents journaux (The Nation, The Globe and Mail, Harper’s Magazine, The Guardian, Rolling Stone et In These Times). Le film « The Take » permet à Naomi Klein de répondre à ses détracteurs qui lui reprochaient de trop souvent critiquer, sans apporter d’alternatives aux modèles existants. C’est donc maintenant chose faite avec ce film qui, en ces temps de crise économique, pourrait inspirer du monde…

Visionnez le film ici!