Plein les papilles

Lors des week-ends de formation avec Quinoa, nos papilles gustatives sont souvent mises à l’agréable épreuve de recettes bio végétariennes mitonnées par nos cuisinièr-e-s bénévoles de talent ! Bien que ces délices soient en eux-mêmes une raison suffisante de les partager avec vous,ils sont surtout l’objet d’un questionnement approfondi sur une réalité de la vie de tous les jours : nos modes de consommation, ses travers et ses alternatives.

Eh oui, avant de manger, si vous avez un instant, lisez ceci… Peut-être savourerez-vous d’autant plus les recettes qui suivent ?

légumes

Consommer local, c’est quoi ?

De nombreuses questions sont adressées à l’association sur la préférence accordée en formation à une nourriture non seulement biologique mais aussi végétarienne et localement produite. Consommer local c’est encourager la survie de nos producteurs locaux et, grâce à cette proximité, garder un oeil sur l’origine et la qualité de notre nourriture. Qualité qui, dans le modèle industriel actuel est en perte de vitesse !

Consommer local c’est aussi dénoncer le mépris écologique et environnemental que représente l’importation à grande échelle de produits venant de loin… Accorder la préférence aux filières courtes c’est inévitablement réduire les stades de transformation subie par le produit entre sa « naissance » et son arrivée dans notre assiette.C’est également réduire le nombre de kilomètres parcourus par ce produit et, dès lors, contribuer à la réduction de la quantité de CO2 émise chaque année. Ainsi, c’est en moyenne 2 à 3000 km de déplacement que l’on retrouve dans notre assiette remplie, par exemple, de crevettes – pêchées en mer du Nord et épluchées au Maroc (parfois en Thaïlande !) – de courgettes ou de haricots verts produits au Kenya à grand renfort d’eau douce dans un pays où sévit la soif…

Préférer les plats végétariens

Quinoa ne prône pas le « végétarisme » pour le végétarisme !
En valorisant les produits végétariens, Quinoa tente surtout d’attirer l’attention de son public sur les déséquilibres provoqués actuellement par une consommation surdimensionnée de produits carnés et de protéines animales (lait, fromages, etc.) dans nos régions du Nord. .

Produire de la viande implique entre autre d’alimenter cette viande (les animaux !) en céréales, ces mêmes céréales dont l’être humain se nourrit sous diverses formes. On estime à 10 kg d’orge ou de blé la quantité céréalière nécessaire pour produire un kilo de viande. Pour répondre à de tels besoins, l’agriculture s’intensifie… Les céréales, avec le soja et le manioc, sont cultivées majoritairement par les pays du Sud pour le bétail des pays du Nord. Les pays plus riches importent ainsi une nourriture très bon marché destinée à l’alimentation de leurs animaux, alors que dans les pays producteurs du Sud, la sécurité alimentaire n’est pas nécessairement assurée, car les productions alimentaires sont destinées principalement à l’exportation…

Et concrètement ?

En Belgique, la consommation moyenne quotidienne de viande est de 320 gr/personne/jour… un chiffre 3 fois plus élevé que les recommandations de consommation estimées par l’OMS.

Une telle production coûte, de surcroît, beaucoup d’argent. Une vache européenne reçoit en moyenne 2 euros de subsides par jour. 2 euros c’est le montant avec lequel doivent survivre 3 milliards d’êtres humains…

Comment faire alors ?

Culpabiliser parce que l’on mange de la viande ne sert à rien. Culpabiliser parce le café que l’on boit vient de Colombie ne sert à rien. Nous tous faisons partie d’un système qui semble d’autant plus immense qu’il nous apparaît figé et inchangeable. C’est pourtant à notre niveau que les choses doivent commencer à changer !
Une goutte d’eau dans l’océan, pensez-vous ? Oui si vous êtes le-la seul-e à agir… Mais voilà, ils sont nombreux les gens qui agissent déjà : ils achètent local ou, parce que cela n’est pas toujours possible, achètent des produits importés mais issus d’une production équitable, c’est-à-dire qui respecte les droits humains et rétribuent justement les agriculteurs à la base. Si vous ne pouvez vous permettre de passer à côté de certains aliments importés, assurez-vous qu’ils aient été produits dans des conditions humaines pour ses producteurs. C’est aussi ce que Quinoa fait lors de ses achats qui ne peuvent pas toujours être locaux malgré la meilleure volonté du monde !

Dans les pages qui suivent, Quinoa a voulu laisser à chacun l’opportunité de faire son propre choix par rapport à son mode de consommation. Local ou équitable issu de l’importation…, l’important est finalement de prendre conscience que consommer n’est plus un acte anodin et devient de plus en plus un acte politique !

BON APPETIT!

 

Pistes d’action:

Un constat intéressant qui interpelle, particulièrement en période des fêtes:

Au menu : entrée exotique, plats du bout du monde, vins lointains, dessert des Tropiques. Et avec ça, je vous mets encore un petit supplément de CO2 ? Par Pierre OZER, chargé de recherche au Département des sciences et gestion de l’environnement, Université de Liège et Dominique PERRIN, chercheur à la Faculté universitaire des Sciences agronomiques de Gembloux.

Le bottin du bio ? Biowallonie, le guide de l’alimentation bio à Bruxelles et en Wallonie : vous permettra non seulement de trouver plus facilement producteurs, transformateurs et (…)

Vous souhaitez agir et découvrir des nouvelles alternatives au Nord…?

Le Projet Alternatives Locales a pour objectif d’accompagner toute personne souhaitant transformer sa relation à l’alimentation dans une perspective de changement social. Le processus de formation (théorique + immersion) se déroule de mai à septembre et est accessible à toutes et tous dès 18 ans!

Découvrez aussi  les fermes partenaires bio en Wallonie et les partenaires Nord de Quinoa: le début des haricots, asbl visant la protection de l’environnement; Rencontre des Continents, association d’éducation au développement; et Solidarcité, initiative de l’ASBL SOS Jeunes/Initiatives Jeunesse.

…Et au Sud ?

Plusieurs de nos projets internationaux ont pour objectif l’immersion des participant-es dans des communautés d’agriculteurs, afin de visibiliser leurs luttes, découvrir leurs pratiques, entre autres en Inde, au Bénin et aux Philippines.

DécoLa Era del Buen Viviruvrez « La Era del Buen Vivir », un documentaire qui raconte l’histoire de Mayas d’aujourd’hui qui, en mettant en pratique leur propre définition du développement, construisent leurs propres solutions pour demain.

 

 

 

 


Comments are closed, but trackbacks and pingbacks are open.