Newsletter 2008/2 : Les projets internationaux : outil d’éducation au développement ?

Sommaire

  • Edito
  • Les résultats de la grande enquête Quinoa !
  • Le projet international dans tous ses états !
  • La vision de nos partenaires du Sud
  • L’arbre à palabres

Edito

En 16 ans d’existence, le projet international a beaucoup changé. Ceux d’entres vous qui, de temps à autres, se risquent à rendre visite aux permanents de Quinoa auront certainement constaté les symptômes terribles de « la maladie du chantier »… Cette forme rare d’infection cérébrale rend les permanents fous lorsqu’ils entendent le mot « chantier ». Les yeux s’arrondissent, les lèvres tremblent et le débit de paroles augmente soudainement. Aucun vaccin n’existe et, pire encore, c’est contagieux !

Trêve de plaisanterie… S’il est vrai que nos oreilles s’accommodent peu du terme chantier, il faut rappeler que cette « fixation terminologique » trouve son sens dans la conception que Quinoa a du « projet international » en tant que processus de sensibilisation et conscientisation en éducation au développement. Sans renier son histoire et tourner le dos à 15 années de réflexion sur le sujet, Quinoa tient à valoriser le projet international comme un tout en plusieurs étapes (formation, récolte de fonds, séjour dans le sud,…), chacune d’entre elles étant en lien étroit avec les autres et essentielle à la cohérence du tout.

Conscients du défi qu’une telle conception sous-tend, les permanents de Quinoa ont voulu savoir quelle dynamique de changement les projets internationaux insufflent aux participants et responsables qui y prennent part ?

En mars 2008, l’équipe a pu compter sur l’aide précieuse de Nathalie Legrand, stagiaire de l’IHECS, pour concocter la « grande enquête Quinoa ».
Dans les pages qui suivent, nous vous présentons les résultats de cette enquête et laissons aux plus motivés d’entre vous l’opportunité de décortiquer de près les données statistiques.

Après les chiffres, quelques témoignages d’anciens participants/responsables vous permettront de comprendre combien le projet international est avant tout dépendant de ce que le participant ou le responsable désire y mettre (ou pas), y trouver (ou pas).
Deux de nos partenaires du Sud nous ont également fait le plaisir de partager leur regard mais, également, celui de leur communauté sur le « projet international ».

Après plus d’une dizaine d’années de fonctionnement, l’ONG perçoit cette réflexion comme un moment privilégié, une opportunité constructive pour son pan d’activités principal. Quinoa veut croire que cela contribuera à améliorer son travail et à renforcer ses liens avec son public.

Bonne lecture !

Les résultats de la grande enquête Quinoa !

Souvenez-vous… Parmi les innombrables courriers électroniques de ce début d’année 2008, l’un d’entre eux vous invitait à remplir un questionnaire sur votre expérience Quinoa… « Qu’est-ce donc que ce machin ? » avez-vous pensé… ou bien quelque chose comme « Oh non, pas encore eux… » ou bien (et nous ne nous doutons pas un instant que cela ait été votre réaction principale) « Oh chouette, une enquête Quinoa, vite, vite… on s’y met ! »

Quoi qu’il en soit, avec plus ou moins d’enthousiasme, vous avez été très nombreux à nous répondre. Sur 980 personnes contactées, nous avons reçu 394 réponses, soit 40% de la totalité des personnes contactées. Chaque année , de 1997 à nos jours, est donc représentée dans les résultats qui suivent, que vous ayez été participants ou responsables. Statistiquement, c’est un très bon résultat et nous vous en remercions.

L’enjeu est maintenant de vous présenter ces résultats statistiques de manière sympathique et conviviale. Tâche ardue en perspective… Découvrez ici le document de synthèse de l’analyse réalisée par notre stagiaire et auteur de cette enquête, Nathalie Legrand.
Que les allergiques aux chiffres et autres statistiques nous pardonnent, ces derniers sont inévitables. Ils peuvent toujours découvrir le compte rendu synthétique des principaux résultats dans l’article qui suit.
Bonne lecture à vous tous !

Analyse générale des résultats, en bref !

Estimez-vous être engagé(e) individuellement pour un monde plus juste et plus solidaire ?

(parmi 376 personnes ayant répondu à cette question)
OUI : 94.1 %
NON : 5.9 %

Participez-vous à des actions citoyennes et/ou de solidarité ?

(parmi 329 pers)
OUI : 84.8 %
NON : 15.2 %

Participez-vous à l’organisation d’actions citoyennes et/ou de solidarité ?

(parmi 329 pers)
OUI : 35.9 %
NON : 64.1 %
Interprétation :

Concernant l’engagement individuel :

De moins en moins de personnes s’engagent au fur et à mesure que l’engagement augmente.
Parmi les pistes d’engagement individuel proposées dans le questionnaire,

  • sensibiliser son entourage,
  • s’intéresser à d’autres cultures et
  • prendre compte des contraintes et réalités d’autres personnes/groupes de personnes
    … sont, par ordre d’importance, les trois catégories les plus sélectionnées par les répondants.

Quant à savoir « où » l’engagement individuel contribue le plus au changement positif, il semble que cela soit d’abord dans le monde, puis dans le quartier.

Concernant la participation à des activités collectives

Parmi les pistes de participation à des engagements collectifs, proposées dans le questionnaire,

  • signer des pétitions,
  • participer à des évènements de sensibilisation,
  • participer à des activités bénévoles (de type social),
  • participer à une activité bénévole (de type altruiste)
    … sont par ordre d’importance, les quatre catégories les plus sélectionnées par les répondants.

Quant à savoir « où » la participation à des actions citoyennes et/ou de solidarité contribue à un changement positif, il semble que cela soit d’abord dans le monde, puis dans leur région.

Concernant l’organisation d’activités collectives

Parmi les pistes de participation à des engagements collectifs, proposées dans le questionnaire,

  • participer à l’organisation d’évènements de sensibilisation,
  • participer à l’organisation d’activités bénévoles,
  • participer à l’organisation de conférences,
  • participer à l’organisation d’association de solidarité,
    … sont par ordre d’importance, les quatre catégories les plus sélectionnées par les répondants.

Quant à savoir « où » l’organisation d’actions citoyennes et/ou de solidarité contribue à un changement positif, il semble que cela soit d’abord dans leur région et puis dans le monde.

Le projet international dans tous ses états !

A côté des statistiques, figurent les témoignages.

Des heures d’entretiens individuels nous ont permis d’évoquer les bons et moins bons souvenirs de projets.
Des années après le projet, quatre anciens participants ou responsables ont partagé ce qu’il reste de ressentis, les leçons tirées ou non de toute cette aventure, parfois les changements de cap qui en découlent…
Comme vous le verrez, les expériences et les regards sont très variés.

Les pages qui suivent vous permettront de découvrir ces témoignages, étape par étape, de la formation à la récolte de fonds en passant évidemment par le projet dans le Sud et « l’après-projet ».

Quinoa tient à remercier les personnes qui se sont prêtées au jeu du témoignage en toute sincérité et toute franchise.

Le projet international : les premières étapes

Comment arrive-t-on chez Quinoa ?
  Et… une fois franchies les portes de nos bureaux, comment l’aventure du projet international est-elle vécue ? Quelles questions ? Quelles attentes ? Quelles craintes planent dans l’esprit des participants et responsables qui se lancent le défi d’accompagner un an durant un projet international ?

Aline Dehasse

Comment es-tu arrivée chez Quinoa ?

J’ai toujours rêvé de voyages et plus particulièrement en Amérique latine. Le projet proposé par Quinoa m’a plu tout d’abord parce que je ne me sentais pas prête à partir seule. Ensuite, l’aspect engagé du projet sur le terrain m’a vraiment intéressée : il s’agissait d’aller à la rencontre de familles déplacées et sans terre du fait des tensions locales. J’ai donc commencé le cycle de formations !

Comment as-tu vécu ces formations ?

Je crois qu’à la base j’étais déjà pas mal sensibilisée mais cela m’a semblé super intéressant. Tout comme la récolte de fonds, la dynamique était chouette et je me suis tout de suite fort impliquée.

Thomas Schol

Pourquoi partir avec Quinoa ?

Avant le projet, je faisais partie du projet Solidarcité et le fait de participer à tout le processus me semblait évident. Le projet était un élément du tout dans lequel je m’étais engagé. Et puis j’ai toujours aimé voyager. C’était une expérience de plus à vivre ! Quand on a rencontré Quinoa, leur présentation m’a plu : la grande disponibilité des formateurs, toute l’énergie qui était mise derrière de la part de notre responsable…

La première fois je suis donc parti au Bénin, avec Ecolo Bénin. Il s’agissait de faire de la reforestation. Nous étions donc tout une groupe de Solidarcité. Lors des week-ends de formation, j’ai réalisé que le groupe que l’on constituait était déjà de niveaux variables en termes d’intérêt et de connaissance de la matière présentée. Cela a permis de se découvrir sous d’autres aspects, de connaître le groupe autrement. Au cours de la formation, on a fait des activités déjà connues par rapport aux inégalités N/S : il y avait des trucs que je connaissais déjà mais cela m’a de toute manière donné l’envie d’en savoir plus. Et cela nous était possible car on laissait une bibliographie à notre disposition.

Géraldine Harckmann

Comment es-tu arrivée chez Quinoa ?

Je suis arrivée chez Quinoa par le biais d’une amie. Le Népal s’est présenté à moi assez logiquement, j’étais déjà très intéressée par l’Asie.

Peux-tu revenir sur le processus ?

Lors du premier w-e de formation j’ai appris énormément grâce aux outils employés (les jeux,etc.). Ce sur quoi j’ai le plus avancé c’est par rapport à ma connaissance des enjeux globaux au niveau mondial.

Et le week-end à la ferme ?

Super intéressant : l’apprentissage d’un mode de vie, le travail avec la terre… Intéressant ! Par contre, je trouve qu’on est fort focalisé sur le fait que le groupe doit fonctionner, du coup, dès le moindre problème, c’était très vite dit. Or, de mon côté, je préférais d’abord vivre l’expérience de manière plus individuelle. Je n’ai pas forcément voulu une connexion rapide avec les autres : j’étais entourée de filles qui venaient toutes de la même école et du même milieu, ainsi que d’un couple âgé. J’ai donc vécu l’expérience de manière plus individuelle et je n’ai pas observé de réel changement par rapport au groupe.

Maud Verkindere

« L’envie de partir dans un projet international venait de la volonté de partir en voyage par un autre biais que le tourisme. Comme j’avais déjà une petite expérience personnelle de la vie à l’étranger, j’étais intriguée par le regard que pouvaient avoir les gens qui nous accueillent chez eux sans pouvoir espérer un jour venir chez nous en touriste… Je désirais également partir en groupe, le voyage en solitaire ne me tentait plus vraiment !

Les récoltes de fonds… pas trop long ?

« J’avoue que les préparatifs du projet je les ai vécus d’assez loin… J’avais une envie c’était voyager !! Il faut bien l’avouer, la démarche de départ était personnelle : voyager, avant tout pour moi, pour découvrir des choses… Les formations étaient intéressantes, très ouvertes, pro-actives mais il est évident qu’on ne peut pas tout retenir. Et puis j’étais plutôt introvertie, je n’avais jamais réellement joué de rôle crucial au sein d’un groupe, je n’ai pas l’âme d’une « leader ». J’assistais donc à tout le processus parce qu’il était intéressant mais sans toutefois faire partie des plus érudits d’entre nous !

C’est vrai, vus de l’extérieur, les contenus théoriques des formations peuvent paraître impressionnants !

Oui et je pense que l’intérêt n’est pas de gober tout ce que l’on nous dit comme ça et de tenter de tout retenir, c’est impossible ! Et puis un contenu théorique pur est intéressant mais jamais suffisant pour aborder la réalité de face quand ce n’est pas la réalité qui vous rattrape ! J’ai appris à ne pas prendre pour acquis ce que l’on me donne. Les vastes sujets abordés lors des formations sont intéressants mais je ne pense pas qu’il faut considérer les vérités d’aujourd’hui comme définitives, la remise en question permanente est importante et c’est la raison pour laquelle je prends avec un regard critique, parfois sceptique, les informations que je glane çà et là lors de rencontres comme celle-là.

Xavier Gillet

Comment es-tu arrivé chez Quinoa ?
Des amis à moi étaient partis dans un projet avec Quinoa. Ils en avaient retiré une belle expérience. Je me suis donc rendu aux soirées d’information, où tout m’a bien été expliqué et tout a été bien cadré. Je me suis donc décidé à me lancer dans l’aventure.

Comment as-tu vécu les formations, que t’ont-elles apporté ?
Le w-e que j’ai le plus apprécié est celui de la rencontre à la ferme. On était directement dans le bain, nous avions une confrontation directe avec le fermier, qui ne comprenait pas notre intérêt pour partir, alors qu’il y a plein de choses à faire ici…
Par contre, je trouvais que les autres w-e de formation étaient un peu artificiels, toucher à tout comme cela, c’était sympa et ludique, mais nous n’avons pas entretenu le débat ensuite dans le groupe. La récolte de fonds a pris trop de place, par rapport au reste. Nous avions peut-être une mauvaise organisation, le rythme de chacun nous handicapait un peu aussi. Je pense que ce serait chouette de trouver des nouveaux subsides pour diminuer un peu la récolte de fonds…

Marco Haumont

Comment es-tu arrivé chez Quinoa ?
Une de mes meilleures amies est partie avec Quinoa au Bénin, elle m’en a dit beaucoup de bien. J’avais également envie de découvrir autre chose. Je travaille dans le social en Belgique, j’avais envie de voir un autre aspect du social ailleurs. Voir ce qui se passe ailleurs, malheureusement, aller voir une autre « misère » que celle que je côtoie tous les jours en Belgique dans mon travail comme éducateur, au sein d’une institution à Molenbeek.

Comment as-tu vécu les formations, que t’ont-elles apporté ?
Nous n’étions pas avec tout le monde, comme j’ai pris le processus en cours, nous avons suivi une formation avec cinq, six personnes. Les débats étaient très intéressants, et les formateurs ouverts à une autre vision des choses. Cela m’a beaucoup appris sur les fonctionnements Nord Sud en théorie lors de ces formations, ensuite la “mise en pratique” au Guatemala. Toute cette expérience m’a fait bien plus ouvrir les yeux, et me fait encore aujourd’hui réfléchir.
Ces formations avaient un côté ludique et convivial, elles étaient aussi empreintes d’une très grande ouverture.
La formation du retour est, à mon sens, très importante. Elle permet, au-delà de tout le chamboulement qu’on peut avoir, de débattre, de discuter avec tout le monde de ce qu’on a vécu. Nous ne sommes pas abandonné avec notre expérience, c’est vraiment la continuité et un peu la finalité du projet. On n’était pas là pour recevoir des félicitations mais vraiment pour faire un échange, on nous demande notre avis, c’est très important… Quinoa ce n’est pas de la bonne conscience, c’est une remise en question permanente…

Le séjour dans le sud

Formations, week-end à la ferme et récolte de fonds… Les premières étapes cruciales du projet sont derrière, l’heure est venue de partir ! Le moment que tous attendaient est enfin arrivé et avec lui son lot de surprises sur soi, sur les autres et le monde qui nous entoure. Bonnes ou mauvaises expériences, le projet est un moment intense d’apprentissages et ce mois d’immersion en constitue le noyau. Comment nos participants et responsables d’hier ont-ils vécu ce temps passé aux côtés de nos partenaires du Sud ? Qu’en gardent-ils comme souvenirs ?

Aline Dehasse

Et une fois sur place ?

Le tout premier projet m’a marquée énormément. A partir de là, je ne désirais plus qu’une seule chose : c’était repartir pour le Guatemala ! J’ai d’ailleurs rapidement trouvé les moyens de le faire grâce à une bourse du Service Civil Européen. Alors que la première fois, j’osais à peine me lancer toute seule, ce qui est formidable c’est, qu’après le projet Quinoa, cette crainte s’était envolée, j’étais beaucoup plus sûre de moi !
C’est ainsi que je suis repartie 9 mois et que j’ai découvert une autre réalité que celle rencontrée pendant mon mois de projet avec Quinoa. Il faut bien admettre que la toute première expérience d’un mois est courte et assez fantasmée même si le projet nous plongeait, par la force des choses, dans la réalité. C’est d’ailleurs à mes yeux un point très positif de ce projet particulier : nous étions au cœur du sujet ! Pour avoir eu la chance de découvrir le projet cubain, je sais que tous les projets ne se ressemblent pas ! J’ai toujours un regard assez critique sur ce projet en particulier mais je pense que ma position d’observatrice extérieure m’a permis de voir et de comprendre des choses qu’on ne peut comprendre lorsqu’on est au cœur de l’action ! Le plus important à mes yeux est de ne pas occulter une partie de la réalité aux participants sur place. Nous ne venons pas pour revenir avec une image encore plus stéréotypée qu’à l’aller !

Thomas Schol

Pour moi c’était la première fois en Afrique ! Première impression : la chaleur ! Cotonou : impression de chaos dans la ville… C’était déjà un fameux défi d’adaptation ! Ensuite auprès de la population et des partenaires locaux cela s’est super bien passé : tout le monde était très accueillant et notamment les jeunes du village ainsi que Orcel ! Arrivés aux village, chacun s’est vu attribuer sa famille. La communication s’est directement faite avec les enfants des familles qui parlaient français pour certains.

Il y a parfois des petits chocs culturels et notamment par rapport au fait qu’on voyait parfois les familles frapper leurs enfants. Mais je dois dire que les formations réalisées en amont du projet nous avaient clairement fait passer le message qu’il fallait s’attendre à beaucoup de surprises et puis surtout à prendre du recul.

Avant de partir , tu vides ta tête et tu prends ce qu’il y a !

Ce qui m’a marqué également c’était de découvrir le groupe autrement : c’était impressionnant de voir des gens qui en Belgique avaient peur de se salir et qui là-bas s’ouvraient à l’expérience et essayaient de s’intéresser réellement à l’expérience. Je pense que ça aussi est fortement lié aux formations qui précédaient.

Point de vue encadrement nous étions encadrés de 2 personnes de Solidarcité, d’Orcel et de Samuel. Par rapport à ce dernier, c’est vrai que des questions se sont posées par rapport à son niveau de vie aisée comparé à celui des villageois mais à aucun moment il ne le fait sentir.

Nous travaillions tous les jours, ou presque. Le soir nous avions plutôt tendance à nous retrouver en groupes de Belges, mais nous avons également passé deux soirées en famille, mais ce n’était pas si évident.

Au Sénégal…

Je suis parti au Sénégal avec Quinoa, exclusivement avec eux, c’est-à-dire, plus par l’entremise de Solidarcité. C’était pour moi une expérience supplémentaire !

Par rapport à la dynamique du groupe c’était très différent. Par contre les familles était super ouvertes, elles nous accompagnaient dans les diverses visites, etc.

Géraldine Harckmann

Qu’avez-vous fait concrètement ?

Sur place nous devions bâtir un local dans un bidonville avec les femmes de l’endroit et les profs d’une école. La construction nous a fait bosser beaucoup, parfois très peu : c’était surtout un moyen de rencontrer des gens, être active dans un endroit était primordial à mes yeux, c’est important de voyager de cette manière-là et je me suis demandé dans quelle mesure cela n’aurait pas été sympa d’être formés de manière plus technique mais comme prétexte à la rencontre, c’est un bon moyen.

Et le groupe ?
(…) Il y a certainement quelque chose à gagner dans l’idée de groupe, c’est un apprentissage important. D’un autre côté, le rapport au groupe est à équilibrer. Quinoa ne nous a pas tout prémaché et c’est important : il faut être autonome dans ce genre de projet.

Maud Verkindere

Et bien en fait, ce fut la surprise pour moi ! Je me suis découvert des talents de « stabilisateur de groupe ». Nous avons rencontré quelques problèmes de gestion de groupe sur place et il s’est avéré que malgré ma place de participante j’ai été d’un grand soutien pour le groupe et pour la responsable qui me l’a d’ailleurs dit dans le courant du séjour… Je pense que ce fut les premières ébauches de l’expérience suivante en tant que responsable de groupe. Pour moi, ce fut comme un révélateur de qualités que je ne me connaissais pas. J’ai pu facilement jouer le rôle de médiateur quand cela était nécessaire moi qui me considérais jusque-là comme « introvertie » ! C’était vraiment une découverte !

Et avec les partenaires, comment cela se passait-il ?

Avec le partenaire, la relation était plus d’ordre « organisationnelle » que personnelle. Le CWIN est un partenaire de longue date de Quinoa et d’une certaine ampleur. Nos contacts se limitaient surtout à l’organisation logistique, matérielle et pratique du séjour. Ce qui n’a pas empêché la communication interpersonnelle d’être ponctuée d’anecdotes croustillantes liées aux malentendus découlant surtout du fait que nous ne nous comprenions pas toujours très bien. Dans ces cas-là, vous n’avez d’autres choix que de faire preuve de beaucoup de patience et de talent de communicateur !!! Se répéter souvent pour être sûr de comprendre et être compris, … C’est aussi un apprentissage ! Mais avec le recul, je réalise que les éventuels quiproquos et situations inattendues constituent en eux-mêmes des apprentissages sur ce qu’est réellement l’interculturalité !!!

Xavier Gillet

Pourquoi avoir choisi de partir au Népal ?

Je n’avais pas d’attente particulière sur un pays, j’avais juste envie de partir voir ailleurs, d’observer, de m’insérer dans quelque chose autour du développement. Beaucoup de monde autour de moi parlent d’association, de développement, j’avais l’impression d’une grosse soupe, et je voulais tout simplement me faire mon idée.

Comment s’est passé le séjour au Népal ?
Le bilan général est très positif, je suis heureux d’avoir vu tout cela et d’y avoir participé. J’ai une assez belle vision de ce qu’on a fait. Les partenaires étaient très présents, ils ont répondu à nos envies, aux nouvelles rencontres qu’on voulait faire. Mon groupe était très entrain, nous avons visité d’autres associations, qui ne faisaient pas partie du programme, mais qui menaient des actions similaires à celles de notre partenaire, le CWIN, comme l’accueil d’enfants en difficulté dans un centre.
Sur place, contrairement à l’année, nous avons eu beaucoup de débats, de discussions informelles sur ce qu’on vivait, ce qu’on ressentait. On se sentait vraiment impliqué. En dehors de toutes ces questions, c’était assez beau de voir comment on s’est rapproché dans notre groupe, on était vraiment dans un rapport de respect.
Parfois, je sentais un peu artificiel de s’insérer si peu de temps dans un projet, je posais la question de l’utilité d’être sur place, surtout de l’efficacité… Je me demande encore ce que l’on a apporté, à part de l’argent. Un nouvel air, nous disaient nos amis népalais, je n’ai pas toujours compris, je ne l’ai pas vraiment ressenti, mais ils nous l’ont dit…

Marco Haumont

Pourquoi partir au Guatemala ?
Je ne savais vers où me diriger dans un premier temps, j’étais fort hésitant entre l’Afrique et l’Amérique latine. Je n’avais pas beaucoup de notion d’espagnol, mais j’ai pourtant choisi de partir au Guatemala, au sein du projet d’appui à la construction d’un poulailler dans la finca « la Cumbre » à Patulul.

Sur place comment as-tu vécu les choses ?
Nos rencontres ont été fortes, mais on ne s’habitue pas en un mois à la vie là-bas, on reste tout de même des « extraterrestres » qui débarquent. Au début, nous consommions beaucoup de viande, on allait souvent boire un verre… on s’est rendu compte qu’on faisait un peu goûter au luxe, alors que pour la population, manger de la viande une fois par semaine et aller boire des bières de temps en temps, c’est suffisant. Nous avons donc fait bien plus attention dans les deux dernières semaines à notre façon de consommer et à notre comportement. Nous avons eu une réelle prise de conscience, ou une conscience plus forte…

Le retour du Sud

L’après projet…

Sans doute la phase la plus importante aux yeux des permanents de Quinoa. Paradoxalement, c’est aussi la phase la moins palpitante pour certains participants : le projet est derrière, chacun est de retour avec un lot bigarré de souvenirs en tous genres et la « vie normale » reprend vite ses droits et ses habitudes. C’est normal…
Le défi est grand pour Quinoa de prolonger l’aventure dans ces moments de « retour à la réalité ». L’enjeu est immense pour l’équipe : comment faire en sorte que tout ce vécu permette, à court ou long terme, de modifier quelques-uns de nos regards, peut-être l’un ou l’autre comportement ou habitude alimentaire… Bref, ce petit ou grand quelque chose qui contribuera, directement ou non, à l’éclosion d’un modèle alternatif plus équitable et solidaire ?

Aline Dehasse

Au regard de ces expériences, comment te positionnerais-tu par rapport à ces projets internationaux en tant qu’outil d’éducation au développement ?

Je pense que oui effectivement, ce sont des démarches intéressantes pour atteindre ce type d’objectifs. Pour moi, ça l’était parce que j’étais déjà sensibilisée avant. Ce qui est dommage à mes yeux c’est que, par la force des choses, cela s’adresse principalement à un public déjà sensibilisé un minimum et issu d’un milieu qui permet ce genre de questionnement. Je sais que Quinoa travaille avec des associations œuvrant à l’égard de publics moins favorisés ici en Belgique et finalement je trouve que l’expérience du projet international est d’autant plus intéressante avec ce type de public. J’ai pu vivre une telle expérience lors d’un autre chantier et l’intensité des rencontres est toute autre, le bouleversement provoqué par et chez ces jeunes est magnifique et c’est finalement avec ce type de groupe que l’expérience me semblait plus enrichissante ! Malheureusement, Quinoa faut savoir se le payer !Et je me demande toujours dans quelle mesure cela sensibilise les gens réellement, c-à-d sur le long terme ! Certains prennent ces projets comme des vacances, d’autres pas.. Cela dépend aussi fortement de la personnalité des responsables du groupe !

Avec le recul, en quoi cette expérience a pu influencer (ou non) ton propre trajet de vie ?

Pour moi, cette expérience n’a fait que confirmer les orientations qui étaient déjà les miennes en amont : le voyage d’abord, l’Amérique latine ensuite… D’ailleurs, après le projet Quinoa, je suis longtemps restée déconnectée de la réalité belge, ce que je regrette un peu. Je rêvais de pouvoir repartir et j’avais besoin de vivre ce rêve jusqu’au bout ! Sur place, j’ai réalisé, après quelques mois, que je tenais à ce pays mais que mon objectif de vie n’était pas de m’y installer définitivement. J’ai pris la décision de revenir en Europe et de m’impliquer ici, c’est-à-dire travailler pour des associations qui œuvrent au nord pour le Nord. Je ne rêvais pas de travailler dans une ONG qui envoie ses coopérants dans le Sud. J’ai choisi de m’investir ici dans l’écologie, plus particulièrement la permaculture.

Penses-tu que Quinoa encourage un engagement plus à l’étranger ?

Dans le discours premier, l’intention est claire : s’engager ici mais dans les faits il est vrai que c’est plus mitigé. A part le week-end post-chantier, l’association ne propose pas énormément d’attaches claires qui permettent à ses participants de s’engager ici en Belgique. Il n’existe pas nécessairement un encadrement spécifique à l’engagement ici sur place ! Ce serait chouette de créer des groupes d’actions locales ! C’est dommage que l’on ne soit pas plus mobilisés pour l’Ici, il n’existe pas vraiment de dynamique d’action au retour.

Thomas Schol

Je pense que je ne travaillerais pas en tant qu’éducateur aujourd’hui si je n’avais pas eu ces expériences multiculturelles. C’est tout à la fois valorisant pour le C.V et ça laisse des traces sur votre ligne de vie !

Par contre, si je devais comparer les deux expériences, le 2ème groupe Quinoa était beaucoup plus fermé, nous avions à faire à un public plus aisé par rapport au groupe Solidarcité et cela se sentait. De mon côté, j’allais assez ouvertement vers eux mais j’avais en face de moi des personnes qui étaient là pour apporter un savoir… ce qui est totalement en contradiction avec toute la philosophie de ce genre de projet.

A mes yeux la spontanéité est essentielle, il ne s’agit pas de jouer un rôle quand on vit ce genre d’expérience.
Je trouve que, quelque part, l’expérience vécue avec Solidarcité est beaucoup plus forte parce que personne d’entre nous n’a joué de rôle, nous étions tous naturels… J’ai l’impression qu’on ne vit mieux l’expérience que si on reste modeste et ouvert à tout ce qui peut venir. Par la force des choses (le coût des billets,…)Quinoa ne vise qu’une partie de la population qui a plus de moyens et c’est dommage…

Géraldine Harckmann

Parle-nous de ton retour…

Il y a vraiment eu un éveil par rapport à la manière dont je consommais. J’ai eu l’impression de recevoir des infos concrètes et de pouvoir poser des actes.

Le projet international comme outil d’éducation au développement ?

A mes yeux les infos relatives à la dimension internationale ne sont pas vraiment ce qui informe sur les autres réalités. Par contre, par rapport à la dimension culturelle, le fait de vivre dans un endroit où tout est à remettre en question… C’est un réel apprentissage. Cela ouvre l’esprit sur une réalité plus « philosophique » de ce qu’est la vie et le rapport à la mort : toutes ces réalités-là diffèrent ! Mon désir c’est de me retrouver dans ce type de situation où je dois tout réapprendre et m’obliger à un retour sur moi, un retour au monde.

Et Quinoa, après tout ce temps ?

J’ai trouvé Quinoa chouette, mais financièrement difficile d’accès. J’aurais eu besoin de plus de place et permettre plus de créativité de la part des participants. Le fait d’être engagé dans ce truc qui me dépasse me fait dire qu’on peut aussi être sensibilisé sur ce qui se passe tout près. Ça éveille à la société de mondialisation qui est quotidienne. Par contre, je trouve que cela ne favorise pas forcément un engagement pour tout le monde : ça ne transforme pas tout le monde de l’intérieur : pour certains, l’immersion reste une bravade !!

Maud Verkindere

 De retour en Belgique, peux-tu dire que tu t’es engagée pour une cause ou l’autre ?

Sincèrement non. Je me suis intéressée à des sujets tels que la décroissance, ai suivi l’une ou l’autre formation. Je ne me suis pas engagée dans le milieu associatif à proprement parler mais j’ai par contre aménagé, à mon échelle, quelques habitudes de vie différentes. Je crois que le plus gros changement se situe au niveau de ma consommation : j’essaie, tant que faire se peut, de consommer responsable tout en restant toujours très critique par rapport à cette thématique-là… Ce qui ressort de mon expérience Quinoa à ce niveau est plutôt individuel : ce sont mes petits actes quotidiens qui en reviennent modifiés.

Pourquoi as-tu décidé de te réinvestir une seconde fois dans le processus de projet avec Quinoa ?

C’est Quinoa qui a fait appel à moi. Spontanément, je ne serais pas revenue. Pour moi, lorsque l’aventure se termine, elle se termine… point ! J’avais suivi le week-end post-chantier de retour du premier projet et j’ai rapidement coupé les ponts avec l’aventure après ça car à mes yeux elle était terminée et je devais passer à autre chose. Deux ans après Quinoa m’a proposé de revenir comme responsable et j’ai accepté car je réalisais que mes qualités de gestionnaire de groupes étaient réelles même si je n’étais pas la plus calée en connaissance théorique sur les inégalités nord-sud. En tant que responsable j’avoue que je n’ai pas pu apporter grand-chose par rapport au contenu pédagogique théorique diffusé en formation. Comme je le disais, c’était très intéressant mais je n’ai pas toujours été convaincue par tout… toujours ce même esprit critique qui revient !

Selon toi, quelle est la plus grande différence entre ton expérience en tant que participante et l’expérience en tant que responsable ?

Ce n’est pas du tout le même voyage !!!! Je suis partie deux fois au même endroit mais n’ai pas du tout vécu la même expérience. Une fois sur place, toute l’énergie que je mettais premièrement dans mes contacts personnels, mes découvertes… cette énergie en tant que responsable était focalisée principalement sur le groupe et sa dynamique. On a évidemment moins de temps pour soi et les priorités changent. C’est un autre type de voyage avec autant d’apprentissages, d’autres découvertes, celles-là plus centrées sur sa capacité à gérer un groupe et toutes les responsabilités qui en découlent ! Pour moi c’est aussi là que se situent les acquis en éducation au développement !!!

Justement, avec 4 années de recul, comment conçois-tu toute cette expérience ?

Pour moi, ce fut un révélateur surtout en termes de connaissance de soi. Le fait de vivre autre chose, dans d’autres conditions, cela révèle ce que l’on est à l’intérieur sans toujours en avoir conscience autrement. C’était également une école d’ouverture à l’autre, d’esprit critique… Quand bien même les acquis théoriques me sont passés un peu au-dessus de la tête, je pense que l’éducation au développement réside, avant tout, dans la rencontre sur le terrain avec soi et l’autre, et tout ce qui peut se passer dans cette rencontre comme prise de conscience. Je pense qu’au départ, on est « mû » par des motivations personnelles, c’est inévitable ! Le projet est une quasi « excuse » pour aller sur place et vivre autre chose. D’un autre côté, on savait très bien que nous n’étions pas dans une démarche humanitaire, que nous n’étions pas là pour sauver qui que ce soit et c’est important !

Xavier Gillet

Comment s’est passé ton retour ?
Je n’ai pas eu de grand bouleversement, je ne me suis pas senti déphasé. Toute cette expérience a appuyé l’idée de continuer à m’intéresser à ce qui se passe en dehors de la Belgique, le voyage donne l’idée qu’on est beaucoup sur la terre et qu’il faut la partager, et ne pas rester dans sa petite bulle ! Au quotidien, essayer de poser des actes citoyens, donner sa voix quand l’occasion se présente (dans les enquêtes publiques par exemple).

Face à cette expérience, comment te positionnerais-tu par rapport à ces projets internationaux en tant qu’outil au développement ?
Je pense que le processus en entier est de l’éducation au développement et pas seulement le voyage. Le départ en projet international appuie vraiment tout ce processus, voir une autre réalité a un impact fort. Ça m’a été utile, c’est une manière de se positionner, de s’évaluer mieux dans le monde. La rencontre avec un fermier en Belgique et ensuite la rencontre avec un fermier népalais permet vraiment de cerner les difficultés des deux. J’ai vraiment vu l’intérêt de me déplacer, d’aller voir ailleurs…je repense à cela par rapport aux questions de l’agriculteur belge. Cette expérience permet d’élargir ta connaissance, d’affiner ton esprit critique face à toi dans ton milieu. Je me sers de mon expérience au Népal, et celle que j’ai eue juste après en Espagne, dans ma vie maintenant, pour mener des projets dans mes études et en dehors.

Penses-tu que Quinoa encourage un engagement à l’étranger ?
Quinoa met vraiment l’accent sur l’implication au quotidien, il existe différents niveaux d’implication. J’aimerais autant m’impliquer en Belgique, par des petits gestes, que repartir ailleurs pour une plus longue durée…

Marco Haumont

Comment s’est passé ton retour ?
Mon retour c’est un questionnement permanent. Je fais plus attention à ce que je consomme, je regarde la provenance des produits. Tout cela car j’ai vu qu’on pouvait vivre avec rien. Je relativise un peu plus les problèmes que les gens ont ici, même si, pour eux, c’est un réel problème. Nos préoccupations sont parfois un peu dérisoires.
Nous devions passer par un bidonville pour aller à la Finca, là, on voit ce que c’est vraiment la pauvreté…C’est un cliché mais ça m’a retourné !
J’ai vu autre chose entre le social d’ici et le social là-bas. Même si je ne me suis pas senti totalement utile pendant un mois là-bas. J’ai été pour aider, nous avons construit des choses mais quelqu’un sur place aurait pu le faire… Pourtant, en rentrant, j’en ai fait la promotion. C’était une expérience très forte.

Face à cette expérience, comment te positionnerais-tu par rapport à ces projets internationaux en tant qu’outil au développement ?
Dès le départ, nous parlions de tout cela, de tout ce qu’englobe une telle démarche. Grâce à notre récolte de fonds, nous avons pu un peu “pallier” à notre empreinte écologique. Nous avons toujours parlé des conséquences de notre démarche. J’ai pris beaucoup de claques morales, quand tu reviens, tu fais plus attention, tu gaspilles moins. J’y étais déjà sensible mais c’était plus flagrant, disons que je me suis encore plus rendu compte des difficultés dans le monde… Je ne suis pas revenu avec un sentiment de bonheur, avec un air béat… mais je pense que ça m’a été utile de partir.

Penses-tu que Quinoa encourage un engagement à l’étranger ?
Cette expérience m’a donné envie de m’investir dans un autre social que celui de Belgique, dans lequel je suis déjà inscrit. J’aimerais partir pour m’investir ou alors sensibiliser en Belgique…

La vision de nos partenaires du Sud

Acteurs au centre des projets internationaux, les partenaires de Quinoa en ont une vision spécifique. Découvrez ci-dessous ce que Ciro Cazar d’Equateur et Allaye Guindo du Mali veulent partager sur le sujet. Nous tenons également à rendre un hommage à Samuel Gaba Chabi

Bénin : Hommage à Samuel, Président de l’association des écologistes du Bénin

Monsieur Gaba Chabi, Président de l’association des écologistes du Bénin, s’est éteint au Bénin, le 23 juillet 2008. Un grand Monsieur, un homme engagé, un patriarche, un ami. C’est une grande famille, une immense famille qui se sent orpheline aujourd’hui et qui a souhaité lui exprimer quelques mots…

« Je pourrais commencer par une longue liste de mercis tant il est vrai qu’il y en a à prononcer. Je me contenterai de te dire ceci, cher Samuel ; tu te préoccupais de l’avenir de nos jeunes et tu cherchais à ce que nos rencontres ne soient pas que des rencontres de travail mais aussi (et sans doute, avant tout) un réel partage de nos différences et une confrontation de nos richesses respectives. Je suis persuadée, sans connaître chacun des blancs qui sont passés par « l’aventure Ecolo-Bénin », qu’une bonne part d’entre eux , à commencer par moi-même, fut transformée intérieurement par les rencontres qu’il a faites. Sans peur de me tromper, je peux affirmer que cette plongée dans une autre réalité du monde a changé des vies, a changé l’orientation de vies… Et ça, c’est vraiment important ! C’est plus que des mots, c’est un monde plus beau qui se met en route… Puisses-tu, de là-haut, nous encourager à persévérer !

« C’est lorsqu’on mélange les différences que les cultures avancent… » Dub In Corporation »

Claire
— –

Quand passe le temps
Et qu’on le dépasse
Quand vient le moment d’une nouvelle inopinée
Et que le corps se met à trembler
Quand remontent petit à petit les souvenirs
Et qu’on se demande pourquoi
Quand on voudrait exprimer ce qui ne peut l’être
Car les mots viennent à manquer
Quand le vide se fait si cruellement ressentir
Et qu’on ne peut rien y faire
Impuissants que nous sommes devant l’impensable
Alors seulement on réalise que celui qui est n’est plus
Qu’il est parti emportant avec lui une part de nous-mêmes

A toi Samuel qui est parti trop vite, sans même que nous ayons pu entendre, une dernière fois, tes rires, tes paroles, ton humour, tes colères et tout ce qu’on aimait en toi !

A toi Samuel qui a réussi à nous faire partager ton amour du pays, le Bénin et ton attachement à une population tellement chaleureuse et accueillante.

A toi Samuel dont les valeurs familiales étaient un exemple pour nous tous ; nous ne pouvons nous empêcher d’avoir une pensée affectueuse pour ton épouse et tes enfants.

Merci à toi Gaba – grand maître – comme on aimait te surnommer !

Au revoir Gaba !

Dominique et Bénédicte

— –

Je garderai de lui l’image d’un homme à la stature imposante qui rendait timide le jeune homme que j’étais à l’époque, je buvais ses paroles et, à la manière d’un grand arbre émanant d’une force tranquille, il invitait les gens à s’approcher de lui et à s’abriter.

Je remercie la vie de me l’avoir fait rencontrer…

Benoît

— –

Mr Samuel Gaba Chabi s’est éteint. J’ai eu l’occasion de rencontrer ce grand Monsieur en 2003. J’aurais aimé pouvoir encore partager des moments d’échange avec lui mais la vie a ses propres raisons. Je garde l’image d’un homme de grande prestance, soucieux de l’avenir pour les générations futures. Qu’il puisse reposer en paix.
J’adresse également tout mon soutien à sa famille…

Géraldine

— –

« Papa Samuel (tout le monde t’appelait ainsi …)

La première fois que je t’ai rencontré, j’ai été impressionné par ta prestance, et il m’a fallu quelque temps avant de pouvoir apprécier pleinement ta personnalité. Après un mois de projet Quinoa, j’ai eu la chance de rester un bon moment avec toi et l’ensemble des volontaires d’Ecolo Bénin.

Rigoureux est un terme qui t’allait comme un gant.
Patient est un autre adjectif qui pourrait également te caractériser.

En Afrique les choses prennent parfois un peu de temps…
Le projet du centre de Partago ne se déroulait pas toujours comme prévu mais chaque mois, ce qui pouvait être fait devait l’être dans les règles de l’art. Il n’était jamais question de faire les choses à moitié.

J’espère avoir bientôt l’occasion de reprendre la route du Bénin.
Mais sans toi, ce sera probablement bien différent.

Tu as consacré beaucoup de temps à Ecolo Bénin pour faire vivre ce beau projet.
Je suis très heureux d’avoir eu la chance de croiser ta route… »

Vincent

— –

Papa Gaba, Samuel…

Toute celles et ceux qui auront pu faire un bout de chemin avec toi en terre d’Afrique savent que les mots sont pauvres pour te raconter. Nous porterons en silences, en images, en rires et en musiques, chacun, au creux de la mémoire, ce que tu nous as permis de découvrir et de partager.

Du manguier majestueux au flamboyant qui abrite les sages, de ces branches qui ombragent les cours d’écoles à celles qui vont nourrir le feu du soir… De tous ces arbres qui poussent doucement, sur tes terres, nombreux sont ceux qui portent ton nom, et cette forêt opiniâtre et silencieuse te célèbre bien mieux que toutes les paroles du monde.

Cécile

Equateur : compartir experiencias !

Riobamba, 7 de Agosto del 2007

¿Qué esperan de la colaboración con los voluntarios de Quinoa ?
Qué la comunidad tenga visión más amplia del mundo, que conozcan una nueva Cultura y a los representantes de otra raza.

¿ Que obtienen realmente de la llegada de los voluntarios y del proyecto de educación para el desarrollo ?
Implementar un pequeño proyecto de desarrollo cómo es la Forestación, conocer el pensamiento de un grupo de jóvenes extranjeros, aprender a convivir con personas extrañas y compartir experiencias.

¿Cómo sus colaboradores, la comunidad….perciben el planteamiento de Quinoa ?
Valoramos la solidaridad de personas de otro mundo para con los grupos nativos ; esta solidaridad se traduce en una pequeña ayuda económica que puede ser el inicio de algo más grande.

¿Como hacen para sensibilizar al grupo las problemáticas que son las suyas ?
A base de una reunión de presentación sobre la realidad del país, historia y trabajo del CEAS y preparación sobre la comunidad en donde se realiza la actividad.
¿Esperan de los jóvenes que sean los enlaces al Norte de sus problemáticas ? ¿En caso afirmativo, cómo hacen por que incluyan su papel de informadores para su familia y comunidad a la vuelta en Bélgica ?
Pensamos que el convivir unos días en la comunidad les permite auscultar la forma de vida, los verdaderos problemas, las aspiraciones y conocimientos, que durarán para toda su vida, van a orientarles una nueva acción en su país. Podemos afirmar que al regreso de cada uno de los jóvenes llegaran diferentes.

Ciro Cazar
Ana Lucia Bustos
Alberto Díaz

Mali : « Les participants et responsables peuvent être des porte-parole de nos réalités ! »

Qu’attendez-vous de la collaboration avec les volontaires Quinoa en projet international ?

Une participation dans la réalisation du projet, que les volontaires ne se considèrent pas comme des « argentiers » qui ont de la compassion pour des « pauvres » du sud ; mais qu’ils se considèrent comme des acteurs !

Qu’est-ce que la venue des volontaires Quinoa vous apporte réellement ?

La venue des volontaires nous apporte une ouverture sur la culture belge, nous permet d’acquérir une certaine expérience dans la gestion du projet. Cela permet aussi de nouer des relations, de donner plus de visibilité au projet. En effet, les acteurs concernés comme les institutionnels maliens accordent plus de crédit en voyant des « étrangers » s’investir… c’est comme ça !

Comment vos collaborateurs, la population… perçoivent -ils la démarche de Quinoa ?

Comme un acte de solidarité ! Un désir de rencontrer l’autre, de partager avec lui. Il y a aussi ceux qui voient en eux des nantis qui cherchent à les dépouiller. Dans l’ensemble c’est pas de l’indifférence !

Que voudriez-vous voir améliorer dans le cadre de ce projet « d’éducation au développement » ?

Mettre en place un programme dans l’année, développer d’autres aspects du projet.

Comment faites-vous pour sensibiliser le groupe aux problématiques qui sont les vôtres ?

En organisant des ateliers de rencontres et débats autour de diverses thématiques qui nous concernent.

Attendez-vous des jeunes qu’ils soient les relais au Nord de vos problématiques, si oui, comment faites-vous pour qu’ils comprennent leur rôle d’informateurs auprès de leur communauté au retour chez eux ?

Une fois qu’ils sont venus, en leur exposant nos réalités, nous leur demandons de servir de porte-parole.

L’arbre à palabres

Beaucoup le savent, l’arbre à palabres rassemble les hommes et les femmes d’un endroit et abrite sous ses branches les histoires qui permettront au savoir de faire son chemin dans la société. Un savoir qui, contrairement à notre acception européenne du terme, n’est pas tant scientifique que narratif. Un savoir qui n’a guère besoin de trouver sa légitimité dans les preuves qui pourraient en faire un discours vrai.

Nous tenterons, modestement, d’endosser le rôle du griot, pour vous faire découvrir les multiples facettes du savoir de l’Homme et les innombrables formes qu’il peut prendre. Laissez-vous guider et osez y croire pour un instant ou plus longtemps…

« Passerelles »

Du De la revue « Qui-Que-Quoi » éditée par Quinoa en mars 2004

S’il était un mot, une image pour symboliser l’année qui s’achève, « Passerelle » serait sans doute un des plus évocateurs. La passerelle relie, donne accès. Elle rejoint la métaphore du tiers passeur que nous appliquons à notre démarche. La passerelle tendue vers le Sud a permis à nos partenaires boliviens et cubains de venir nous rencontrer dans notre réalité. Une passerelle « gigogne » sous le signe de la création artistique.

 Une des tables de discussion proposée dans le cadre du Festival de Théâtre Action (auquel a participé la troupe du Teatro de los Elementos) débattait des liens qu’entretiennent espace politique et espace culturel. L’espace culturel, par sa créativité et la diversité de ses modes d’expression, peut utilement nourrir et revitaliser le lien politique – entendu dans le sens « gestion commune de la cité ». Comme l’illustre le volet malien du festival Africalia, la culture reste un précieux outil de rapprochement, de dialogue et de solidarité entre les peuples. En offrant une fenêtre sur les réalités de l’Autre, elle peut aider à conjurer les égoïsmes et replis communautaires. C’est enfin un lieu de propositions servant de contrepoids au modèle dominant qui prône l’appât du gain, là où pourrait s’épanouir l’appât du don*. Par les actions de proximité, dans lesquelles les jeunes et les moins jeunes se reconnaissent et se sentent reconnus, se joue la cohésion de notre société. Construisons des passerelles entre nos utopies !

L’équipe de Quinoa.

* Dans le sens proposé par Jacques Godbout : le don n’est pas un objet ou une libéralité mais un lien social tissé lorsqu’on donne pour que l’autre donne. Nous contractons ainsi une « dette positive » mutuelle.

Découvrez ici l’ensemble des témoignages !

Aline, participante au projet Guatemala 2000, responsable du projet Cuba 2003 et responsable du projet Guatemala 2004

Comment es-tu arrivée à Quinoa ?

« J’ai toujours rêvé de voyages et plus particulièrement en Amérique Latine. Le projet proposé par Quinoa m’a plu tout d’abord parce que je ne me sentais pas prête à partir seule. Ensuite, l’aspect engagé du projet sur le terrain m’a vraiment intéressée : il s’agissait d’aller à la rencontre de familles déplacées et sans terre du fait des tensions locales. J’ai donc commencé le cycle de formations !

Comment as-tu vécu ces formations ?

Je crois qu’à la base j’étais déjà pas mal sensibilisée mais cela m’a semblé super intéressant. Tout comme la récolte de fond, la dynamique était chouette et je me suis tout de suite fort impliquée. (…)

Et une fois sur place ?

Le tout premier projet m’a marqué énormément. A partir de là, je ne désirais plus qu’une seule chose : c’était repartir pour le Guatemala ! J’ai d’ailleurs rapidement trouvé les moyens de le faire grâce à une bourse du Service Civil Européen. Ce qui est formidable c’est qu’alors que la première fois j’osais à peine me lancer toute seule, après le projet Quinoa, cette crainte s’était envolée, j’étais beaucoup plus sûre de moi !
C’est ainsi que je suis repartie 9 mois et que j’ai découvert une autre réalité que celle rencontrée pendant mon mois de projet avec Quinoa. Il faut bien admettre que la toute première expérience d’un mois est courte et assez fantasmée même si le projet nous plongeait par la force des choses dans la réalité. C’est d’ailleurs à mes yeux un point très positif de ce projet particulier : nous étions au cœur du sujet ! Pour avoir eu la chance de découvrir le projet cubain, je sais que tous les projets ne se ressemblent pas ! J’ai toujours un regard assez critique sur ce projet en particulier mais je pense que ma position d’observateur extérieure m’a permis de voir et de comprendre des choses qu’on ne peut comprendre lorsqu’on est au cœur de l’action ! Le plus important à mes yeux est de ne pas occulter une partie de la réalité aux participants sur place. Nous ne venons pas pour revenir avec une image encore plus stéréotypée qu’à l’aller !

Au regard de ces expériences, comment te positionnerais tu par rapport à ces projets internationaux en tant qu’outil d’éducation au développement ?

Je pense que oui effectivement, ce sont des démarches intéressantes pour atteindre ce type d’objectifs. Pour moi, ça l’était parce que j’étais déjà sensibilisée avant. Ce qui est dommage à mes yeux c’est que par la force des choses cela s’adresse principalement à un public déjà sensibilisé un minimum et issu d’un milieu qui permette ce genre de questionnement. Je sais que Quinoa travaille avec des associations oeuvrant à l’égard de public moins favorisés ici en Belgique et finalement je trouve que l’expérience du projet international est d’autant plus intéressante avec ce type de public. J’ai pu vivre une telle expérience lors d’un autre chantier et l’intensité des rencontres est toute autre, le bouleversement provoqué par et chez ces jeunes est magnifique et c’est finalement avec ce type de groupe que l’expérience me semblait plus enrichissante ! Malheureusement, Quinoa faut savoir se le payer !Et je me demande toujours dans quelle mesure cela sensibilise les gens réellement, c-à-d sur le long terme ! Certains prennent ces projets comme des vacances, d’autres pas.. Cela dépend aussi fortement de la personnalité des responsables du groupe !

Avec le recul, en quoi cette expérience à pu influencer (ou non) ton propre trajet de vie ?

Pour moi, cette expérience n’a fait que confirmer les orientations premières qui étaient déjà les miennes : le voyage d’abord, l’Amérique latine ensuite… D’ailleurs, après le projet Quinoa, je suis longtemps restée déconnectée de la réalité belge, ce que je regrette un peu. Je rêvais de pouvoir repartir et j’avais besoin de vivre ce rêve jusqu’au bout ! Sur place, j’ai réalisé après quelques mois que je tenais à ce pays mais que mon objectif de vie n’était pas de m’y installer définitivement. J’ai pris la décision de revenir en Europe et de m’impliquer ici c’est-à-dire travailler pour des associations qui œuvrent au nord pour le Nord. Je ne rêvais pas de travailler dans une ONG qui envoie ses coopérants dans le Sud. J’ai choisi de m’investir ici dans l’écologie, plus particulièrement la permaculture.

Penses-tu que Quinoa encourage un engagement plus à l’étranger ?
Dans le discours premier, l’intention est claire : s’engager ici mais dans les faits il est vrai que c’est plus mitigé. A part le week-end post, l’association , ne propose pas énormément d’attaches claires qui permettent à ses participants de s’engager ici en Belgique. Il n’existe pas nécessairement un encadrement spécifique à l’engagement ici sur place ! Ce serait chouette de créer des groupes d’actions locales ! C’est dommage que l’on ne soit pas plus mobilisés pour l’Ici, il n’existe pas vraiment de dynamique d’action au retour.

Thomas Schol, participant au projet Bénin 2004 et au projet Sénégal 2004

Pourquoi partir avec Quinoa ?

Avant le projet, je faisais partie du projet Solidarcité et le fait de participer à tout le processus me semblait évident. Le projet était un élément du tout dans lequel je m’étais engagé. Et puis j’ai toujours aimé voyager. C’était une expérience de plus à vivre ! Quand on a rencontré Quinoa, leur présentation m’a plu : La grande disponibilité des formateur,toutes l’énergie qui était mise derrière de la part de notre responsable…

La première fois je suis donc parti au Bénin, avec Ecolo bénin. Il s’agissait de faire de la reforestation. Nous étions donc tout une groupe de solidarcité. Lors des week-end de formations, j’ai réaliser que le groupe que l’on constituait était déjà de niveaux variables en terme d’intérêt et de connaissance de la matière présentée. Cela a permis de se découvrir sous d’autres aspects, de connaître le groupe autrement. Au cours de la formation, on a fait des activités déjà connues par rapport aux inégalités N/S : il y avait des trucs que je connaissais déjà mais cela m’a de toute manière donner l’envie d’en savoir plus. Et cela nous était possible car on laissait une bibliographie à notre disposition.

Parle-nous de ton séjour dans le Sud !
Pour moi c’était la première fois en Afrique ! Première impression : la chaleur ! Cotonou : impression de chaos dans la ville… C’était déjà un fameux défi d’adaptation ! Ensuite auprès de la population et des partenaires locaux cela s’est super bien passé : tout le monde était très accueillant et notamment les jeunes du village ainsi que Orcel ! Arrivés aux village, chacun s’est vu attribuer sa famille. La communication s’est directement faite avec les enfants des familles qui parlaient français pour certains.

Il y a parfois des petits chocs culturels et notamment par rapport au fait qu’on voyait parfois les familles frapper leurs enfants. Mais je dois dire que les formations réalisées en amont du projet nous avaient clairement fait passer le message qu’il fallait s’attendre à beaucoup de surprises et puis surtout à prendre du recul.

Avant de partir , tu vides ta tête et tu prends ce qu’il y a !

Ce qui m’a marqué également c’était de découvrir le groupe autrement : c’était impressionnant de voir des gens qui en Belgique avaient peur de se salir et qui là-bas s’ouvraient à l’expérience et essayait de s’intéresser réellement à l’expérience. Je pense que ça aussi est fortement liés aux formations qui précédaient.

Point de vue encadrement nous étions encadrés de 2 personnes de Solidarcité, d’Orcel et de Samuel. Par rapport à ce dernier, c’est vrai que des questions se sont posées par rapport à son niveau de vie aisée comparé à celui des villageois mais à aucun moment il ne le fait sentir.

Nous travaillions tous les jours, ou presque. Le soir nous avions plutôt tendance à nous retrouver en groupes de belges, mais nous avons également passé deux soirées en famille, mais ce n’était pas si évident.

Et au Sénégal ?

Je suis parti au Sénégal avec Quinoa, exclusivement avec eux, c’est à dire, plus par l’entremise de Solidarcité. C’était pour moi une expérience supplémentaire et différente !
L’ambiance dans le groupe n’était pas la même, par contre les familles était super ouvertes, elles nous accompagnaient dans les diverses visites, etc.

Aujourd’hui, que penses-tu de toute cette expérience ?

Je pense que je ne travaillerais pas en tant qu’éducateur aujourd’hui si je n’avais pas eu ces expériences multiculturelles. C’est tout à la fois valorisant pour le C.V et ça laisse des traces sur votre ligne de vie !

Par contre, si je devais comparer les deux expériences, le 2ème groupe Quinoa était beaucoup plus fermé, nous avions à faire à un public plus aisé par rapport au groupe Solidarcité et cela se sentait. De mon côté, j’allais assez ouvertement vers eux mais j’avais en face de moi des personnes qui étaient là pour apporter un savoir… ce qui est totalement en contradiction avec toute la philosophie de ce genre de projet.

A mes yeux la spontanéité est essentielle, il ne s’agit pas de jouer un rôle quand on vit ce genre d’expérience.
Je trouve que, quelque part, l’expérience vécue avec Solidarcité est beaucoup plus forte parce que personne d’entre nous n’a joué de rôle, nous étions tous naturels… J’ai l’impression qu’on ne vit mieux l’expérience que si on reste modeste et ouvert à tout ce qui peut venir. Par la force des choses (le coût des billets,…)Quinoa ne vise qu’une partie de la population qui a plus de moyens et c’est dommage…

Géraldine Harckmann, participante au projet Népal 1998

Comment es-tu arrivée chez Quinoa ?
Je suis arrivée chez Quinoa par le biais d’une amie. Le Népal s’est présenté à moi assez logiquement, j’étais déjà très intéressée par l’Asie.

Peux-tu revenir sur le processus ?

Lors du premier w-e de formation j’ai appris énormément grâce aux outils employés (les jeux,etc.). Ce sur quoi j’ai le plus avancé c’est par rapport à ma connaissance des enjeux globaux au niveau mondial.

Et le week-end à la ferme ?

Super intéressant : l’apprentissage d’un mode de vie, le travail avec la terre… Intéressant ! Par contre, je trouve qu’on est fort focalisé sur le fait que le groupe doit fonctionner, du coup, dès le moindre problème, c’était très vite dit. Or, de mon côté, je préférais d’abord vivre l’expérience de manière plus individuelle. Je n’ai pas forcément voulu une connexion rapide avec les autres : j’étais entourée de filles qui venaient toutes de la même école et du même milieu, ainsi que d’un couple âgé. J’ai donc vécu l’expérience de manière plus individuelle et je n’ai pas observé de réel changement par rapport au groupe.

Comment s’est passé le projet dans le Sud ?

Arrivés sur place, le « trop d’accueil » nous a donné un statut spécial, il était impossible de passer inaperçus et c’était quelque chose qui ne me plaisait pas : il n’y avait pas de vraies rencontres possibles.

Qu’avez-vous fait concrètement ?

Sur place nous devions bâtir un local dans un bidonville avec les femmes de l’endroit et les profs d’une école. La construction nous a fait bosser beaucoup, parfois très peu : c’était surtout un moyen de rencontrer des gens, être active dans un endroit était primordial à mes yeux, c’est important de voyager de cette manière-là et je me suis demandée dans quelle mesure cela n’aurait pas été sympa d’être formés de manière plus techniques pour ce faire. En effet, je me suis sentie démunie car il n’y avait pas vraiment de partage de compétences. Comme prétexte à la rencontre, c’est un bon moyen , mais je me pose la question : qu’avons nous apporter concrètement ?

Et te souviens-tu de l’ambiance qu’il y avait dans le groupe ?

(…)Il y a certainement quelque chose à gagner dans l’idée de groupe, c’est un apprentissage important. D’un autre côté, le rapport au groupe est à équilibrer. Quinoa ne nous a pas tout prémaché et c’est important : il faut être autonome dans ce genre de projet.

Parle-nous de ton retour…

Il y a vraiment eu un éveil par rapport à la manière dont je consommais. J’ai eu l’impression de recevoir des infos concrètes et de pouvoir poser des actes.

Le projet international comme outil d’éducation au développement ?

A mes yeux les infos relatives à la dimension internationale ne sont pas vraiment ce qui informe sur les autres réalités. Par contre, par rapport à la dimension culturelle, le fait de vivre dans un endroit où tout est à remettre en question… C’est un réel apprentissage. Cela ouvre l’esprit sur une réalité plus « philosophique » de ce qu’est la vie et le rapport à la mort : toutes ces réalités-là diffèrent ! Mon désir c’est de me retrouver dans ce type de situation où je dois tout réapprendre et m’obliger à un retour sur moi, un retour au monde.

Et Quinoa, après tout ce temps ?

J’ai trouvé Quinoa chouette, mais financièrement difficile d’accès. J’aurais eu besoin de plus de place et permettre plus de créativité de la part des participants. Le fait d’être engagé dans ce truc qui me dépasse me fait dire qu’on peut aussi être sensibilisé sur ce qui se passe tout près. Ça éveille à la société de mondialisation qui est quotidienne. Par contre, je trouve que cela ne favorise pas forcément un engagement pour tout le monde : ça ne transforme pas tout le monde de l’intérieur : pour certains, l’immersion reste une bravade !!

Maud Verkindere, participante au projet Népal 2001 et responsable du projet Népal 2003

« L’envie de partir dans un projet international venait de la volonté de partir en voyage par un autre biais que le tourisme. Comme j’avais déjà une petite expérience personnelle de la vie à l’étranger, j’étais intriguée par le regard que pouvaient avoir les gens qui nous accueillent chez eux sans pouvoir espérer un jour venir chez nous en touriste… Je désirais également partir en groupe, le voyage en solitaire ne me tentait plus vraiment !

Quinoa : Les récoltes de fonds… pas trop long ?

« J’avoue que les préparatifs du projet je les ai vécus d’assez loin… J’avais une envie c’était voyager !! Il faut bien l’avouer, la démarche de départ était personnelle : voyager, avant tout pour moi, pour découvrir des choses… Les formations étaient intéressantes, très ouvertes, pro-actives mais il est évident qu’on ne peut pas tout retenir. Et puis j’étais plutôt introvertie, je n’avais jamais réellement joué de rôle crucial au sein d’un groupe, je n’ai pas l’âme d’une « leader ». J’assistais donc à tout le processus parce qu’il était intéressant mais sans toutefois faire partie des plus érudits d’entre nous !

C’est vrai, vus de l’extérieur, les contenus théoriques des formations peuvent paraître impressionnants !

Oui et je pense que l’intérêt n’est pas de gober tout ce que l’on nous dit comme ça et de tenter de tout retenir, c’est impossible ! Et puis un contenu théorique pur est intéressant mais jamais suffisant pour aborder la réalité de face quand ce n’est pas la réalité qui vous rattrape ! J’ai appris à ne pas prendre pour acquis ce que l’on me donne. Les vastes sujets abordés lors des formations sont intéressants mais je ne pense pas qu’il faut considérer les vérités d’aujourd’hui comme définitives, la remise en question permanente est importante et c’est la raison pour laquelle je prends avec un regard critique, parfois sceptique, les informations que je glane çà et là lors de rencontres comme celle-là.

Et sur place ?

Et bien en fait, ce fut la surprise pour moi ! Je me suis découvert des talents de « stabilisateur de groupe ». Nous avons rencontré quelques problèmes de gestion de groupe sur place et il s’est avéré que malgré ma place de participante j’ai été d’un grand soutien pour le groupe et pour la responsable qui me l’a d’ailleurs dit dans le courant du séjour… Je pense que ce fut les premières ébauches de l’expérience suivante en tant que responsable de groupe. Pour moi, ce fut comme un révélateur de qualités que je ne me connaissais pas. J’ai pu facilement jouer le rôle de médiateur quand cela était nécessaire moi qui me considérais jusque-là comme « introvertie » ! C’était vraiment une découverte !

Et avec les partenaires, comment cela se passait-il ?

Avec le partenaire, la relation était plus d’ordre « organisationnelle » que personnelle. Le CWIN est un partenaire de longue date de Quinoa et d’une certaine ampleur. Nos contacts se limitaient surtout à l’organisation logistique, matérielle et pratique du séjour. Ce qui n’a pas empêché la communication interpersonnelle d’être ponctuée d’anecdotes croustillantes liées aux malentendus découlant surtout du fait que nous ne nous comprenions pas toujours très bien. Dans ces cas-là, vous n’avez d’autres choix que de faire preuve de beaucoup de patience et de talent de communicateur !!! Se répéter souvent pour être sûr de comprendre et être compris, … C’est aussi un apprentissage ! Mais avec le recul, je réalise que les éventuels quiproquos et situation inattendues constituent en eux-mêmes des apprentissages sur ce qu’est réellement l’inter culturalité !!!

De retour en Belgique, peux-tu dire que tu t’es engagée pour une cause ou l’autre ?

Sincèrement non. Je me suis intéressée à des sujet tels que la décroissance, ai suivi l’une ou l’autre formation. Je ne me suis pas engagée dans le milieu associatif à proprement parler mais ai par contre aménagé à mon échelle quelques habitudes de vie différentes. Je crois que le plus gros changement se situe au niveau de ma consommation : j’essaie, tant que faire se peut, de « consommer responsable » tout en restant toujours très critique par rapport à cette thématique-là… Ce qui ressort de mon expérience Quinoa à ce niveau est plutôt individuel : se sont mes petits actes quotidiens qui en reviennent modifiés.

Pourquoi as-tu décidé de réinvestir une seconde fois dans le processus de projet avec Quinoa ?

C’est Quinoa qui a fait appel à moi. Spontanément, je ne serais pas revenue. Pour moi, lorsque l’aventure se termine, elle se termine… point ! J’avais suivi le week-end post-chantier de retour du premier projet et j’ai rapidement coupé les ponts avec l’aventure après ça car à mes yeux elle était terminée et je devais passer à autre chose. Deux ans après Quinoa m’a proposé de revenir comme responsable et j’ai accepté car je réalisais que mes qualités de gestionnaires de groupes étaient réelles même si je n’était pas la plus calée en connaissance théorique sur les inégalités nord-sud. En tant que responsable j’avoue que je n’ai pas pu apporter grand-chose par rapport au contenu pédagogique théorique diffusé en formation. Comme je le disais, c’était très intéressant mais je n’ai pas toujours été convaincue par tout… toujours ce même esprit critique qui revient !

Selon toi, quelle est la plus grande différence entre ton expérience en tant que participante et l’expérience en tant que responsable ?

C’est n’est pas du tout le même voyage !!!! Je suis partie deux fois au même endroit mais n’ai pas du tout vécu la même expérience. Une fois sur place, toute l’énergie que je mettais premièrement dans mes contacts personnels, mes découvertes… cette énergie en tant que responsable était focalisée principalement sur le groupe et sa dynamique. On a évidemment moins de temps pour soi et les priorités changent. C’est un autre type de voyage avec autant d’apprentissages, d’autres découvertes, celles-là plus centrées sur sa capacité à gérer un groupe et toutes les responsabilités qui en découlent ! Pour moi c’est aussi là que se situent les acquis en éducation en développement !!!

Justement, avec 4 années de recul, comment conçois tu toute cette expérience ?

Pour moi, ce fut un révélateur surtout en terme de connaissance de soi. Le fait de vivre autre chose, dans d’autres conditions cela révèle ce que l’on est à l’intérieur sans toujours en avoir conscience autrement. C’était également un école d’ouverture à l’autre, d’esprit critique… Quand bien même les acquis théoriques me sont passés un peu au-dessus de la tête, je pense que l’éducation au développement réside avant tout dans la rencontre sur le terrain avec soi et l’autre et tout ce qui peut se passer dans cette rencontre comme prise de conscience. Je pense qu’au départ, on est « mû » par des motivations personnelles, c’est inévitable ! Le projet est une quasi une « excuse » pour aller sur place et vivre autre chose. D’un autre côté, on savait très bien que nous n’étions pas dans une démarche humanitaire que nous n’étions pas là pour sauver qui que ce soit et c’est important !

Xavier Gillet, participant au projet Népal 2007

Comment es-tu arrivé chez Quinoa ?
Des amis à moi étaient partis dans un projet avec Quinoa. Ils en avaient retiré une belle expérience. Je me suis donc rendu aux soirées d’information, où tout m’a bien été expliqué et tout a été bien cadré. Je me suis donc décidé à me lancer dans l’aventure.

Pourquoi avoir choisi de partir au Népal ?
Je n’avais pas d’attente particulière sur un pays, j’avais juste envie de partir voir ailleurs, d’observer, de m’insérer dans quelque chose autour du développement. Beaucoup de monde autour de moi parlent d’association, de développement, j’avais l’impression d’une grosse soupe, et je voulais tout simplement me faire mon idée.

Comment as-tu vécu les formations, que t’ont-elles apporté ?
Le w-e que j’ai le plus apprécié est celui de la rencontre à la ferme. On était directement dans le bain, nous avions une confrontation directe avec le fermier, qui ne comprenait pas notre intérêt pour partir, alors qu’il y a plein de choses à faire ici…
Par contre, je trouvais que les autres w-e de formation étaient un peu artificiels, toucher à tout comme cela, c’était sympa et ludique, mais nous n’avons pas entretenu le débat ensuite dans le groupe. La récolte de fonds a pris trop de place, par rapport au reste. Nous avions peut-être une mauvaise organisation, le rythme de chacun nous handicapait un peu aussi. Je pense que ce serait chouette de trouver des nouveaux subsides pour diminuer un peu la récolte de fonds…

Comment s’est passé le séjour sur place ?
Le bilan général est très positif, je suis heureux d’avoir vu tout cela et d’y avoir participé. J’ai une assez belle vision de ce qu’on a fait. Les partenaires étaient très présents, ils ont répondu à nos envies, aux nouvelles rencontres qu’on voulait faire. Mon groupe était très entrain, nous avons visité d’autres associations, qui ne faisaient pas partie du programme, mais qui menaient des actions similaires à celles de notre partenaire, le CWIN, comme l’accueil d’enfants en difficulté dans un centre.
Sur place, contrairement à l’année, nous avons eu beaucoup de débats, de discussions informelles sur ce qu’on vivait, ce qu’on ressentait. On se sentait vraiment impliqué. En dehors de toutes ces questions, c’était assez beau de voir comment on s’est rapproché dans notre groupe, on était vraiment dans un rapport de respect.
Parfois, je sentais un peu artificiel de s’insérer si peu de temps dans un projet, je posais la question de l’utilité d’être sur place, surtout de l’efficacité… Je me demande encore ce que l’on a apporté, à part de l’argent. Un nouvel air, nous disaient nos amis népalais, je n’ai pas toujours compris, je ne l’ai pas vraiment ressenti, mais ils nous l’ont dit…

Comment s’est passé ton retour ?
Je n’ai pas eu de grand bouleversement, je ne me suis pas senti déphasé. Toute cette expérience a appuyé l’idée de continuer à m’intéresser à ce qui se passe en dehors de la Belgique, le voyage donne l’idée qu’on est beaucoup sur la terre et qu’il faut la partager, et ne pas rester dans sa petite bulle ! Au quotidien, essayer de poser des actes citoyens, donner sa voix quand l’occasion se présente (dans les enquêtes publiques par exemple).

Face à cette expérience, comment te positionnerais-tu par rapport à ces projets internationaux en tant qu’outil au développement ?
Je pense que le processus en entier est de l’éducation au développement et pas seulement le voyage. Le départ en projet international appuie vraiment tout ce processus, voir une autre réalité a un impact fort. Ça m’a été utile, c’est une manière de se positionner, de s’évaluer mieux dans le monde. La rencontre avec un fermier en Belgique et ensuite la rencontre avec un fermier népalais permet vraiment de cerner les difficultés des deux. J’ai vraiment vu l’intérêt de me déplacer, d’aller voir ailleurs…je repense à cela par rapport aux questions de l’agriculteur belge. Cette expérience permet d’élargir ta connaissance, d’affiner ton esprit critique face à toi dans ton milieu. Je me sers de mon expérience au Népal, et celle que j’ai eue juste après en Espagne, dans ma vie maintenant, pour mener des projets dans mes études et en dehors.

Penses-tu que Quinoa encourage un engagement à l’étranger ?
Quinoa met vraiment l’accent sur l’implication au quotidien, il existe différents niveaux d’implication. J’aimerais autant m’impliquer en Belgique, par des petits gestes, que repartir ailleurs pour une plus longue durée…

Marco Haumont, participant au projet Guatemala 2007

Comment es-tu arrivé chez Quinoa ?
Une de mes meilleures amies est partie avec Quinoa au Bénin, elle m’en a dit beaucoup de bien. J’avais également envie de découvrir autre chose. Je travaille dans le social en Belgique, j’avais envie de voir un autre aspect du social ailleurs. Voir ce qui se passe ailleurs, malheureusement, aller voir une autre « misère » que celle que je côtoie tous les jours en Belgique dans mon travail comme éducateur, au sein d’une institution à Molenbeek.

Pourquoi partir au Guatemala ?
Je ne savais vers où me diriger dans un premier temps, j’étais fort hésitant entre l’Afrique et l’Amérique latine. Je n’avais pas beaucoup de notion d’espagnol, mais j’ai pourtant choisi de partir au Guatemala, au sein du projet d’appui à la construction d’un poulailler dans la finca « la Cumbre » à Patulul.

Comment as-tu vécu les formations, que t’ont-elles apporté ?
Nous n’étions pas avec tout le monde, comme j’ai pris le processus en cours, nous avons suivi une formation avec cinq, six personnes. Les débats étaient très intéressants, et les formateurs ouverts à une autre vision des choses. Cela m’a beaucoup appris sur les fonctionnements Nord Sud en théorie lors de ces formations, ensuite la “mise en pratique” au Guatemala. Toute cette expérience m’a fait bien plus ouvrir les yeux, et me fait encore aujourd’hui réfléchir.
Ces formations avaient un côté ludique et convivial, elles étaient aussi empreintes d’une très grande ouverture.
La formation du retour est, à mon sens, très importante. Elle permet, au-delà de tout le chamboulement qu’on peut avoir, de débattre, de discuter avec tout le monde de ce qu’on a vécu. Nous ne sommes pas abandonnés avec notre expérience, c’est vraiment la continuité et un peu la finalité du projet. On n’était pas là pour recevoir des félicitations mais vraiment pour faire un échange, on nous demande notre avis, c’est très important… Quinoa ce n’est pas de la bonne conscience, c’est une remise en question permanente…

Sur place comment as-tu vécu les choses ?
Nos rencontres ont été fortes, mais on ne s’habitue pas en un mois à la vie là-bas, on reste tout de même des « extraterrestres » qui débarquent. Au début, nous consommions beaucoup de viande, on allait souvent boire un verre… on s’est rendu compte qu’on faisait un peu goûter au luxe, alors que pour la population, manger de la viande une fois par semaine et aller boire des bières de temps en temps, c’est suffisant. Nous avons donc fait bien plus attention dans les deux dernières semaines à notre façon de consommer et à notre comportement. Nous avons eu une réelle prise de conscience, ou une conscience plus forte…

Comment s’est passé ton retour ?
Mon retour c’est un questionnement permanent. Je fais plus attention à ce que je consomme, je regarde la provenance des produits. Tout cela car j’ai vu qu’on pouvait vivre avec rien. Je relativise un peu plus les problèmes que les gens ont ici, même si, pour eux, c’est un réel problème. Nos préoccupations sont parfois un peu dérisoires.
Nous devions passer par un bidonville pour aller à la Finca, là, on voit ce que c’est vraiment la pauvreté…C’est un cliché mais ça m’a retourné !
J’ai vu autre chose entre le social d’ici et le social là-bas. Même si je ne me suis pas senti totalement utile pendant un mois là-bas. J’ai été pour aider, nous avons construit des choses mais quelqu’un sur place aurait pu le faire… Pourtant, en rentrant, j’en ai fait la promotion. C’était une expérience très forte.

Face à cette expérience, comment te positionnerais-tu par rapport à ces projets internationaux en tant qu’outil au développement ?
Dès le départ, nous parlions de tout cela, de tout ce qu’englobe une telle démarche. Grâce à notre récolte de fonds, nous avons pu un peu “pallier” à notre empreinte écologique. Nous avons toujours parlé des conséquences de notre démarche. J’ai pris beaucoup de claques morales, quand tu reviens, tu fais plus attention, tu gaspilles moins. J’y étais déjà sensible mais c’était plus flagrant, disons que je me suis encore plus rendu compte des difficultés dans le monde… Je ne suis pas revenu avec un sentiment de bonheur, avec un air béat… mais je pense que ça m’a été utile de partir.

Penses-tu que Quinoa encourage un engagement à l’étranger ?
Cette expérience m’a donné envie de m’investir dans un autre social que celui de Belgique, dans lequel je suis déjà inscrit. J’aimerais partir pour m’investir ou alors sensibiliser en Belgique…

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